France: Le corps de Fiona reste introuvable
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FranceLe corps de Fiona reste introuvable

Les nouvelles recherches réalisées jeudi en présence de Cécile B. n'ont toujours pas permis de retrouver le corps de la petite fille décédée en mai.

De nouvelles recherches entreprises jeudi pendant près de quatre heures, en présence de sa mère, n'ont pas permis de retrouver le corps de la petite Fiona dans une forêt près de Clermont-Ferrand. Extraite de prison, Cécile B., la mère de la fillette de cinq ans, était présente à la mi-journée sur les lieux au côté de son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie. Mais, désorientée, elle n'a pas pu désigner aux enquêteurs l'endroit où Fiona a été enterrée.

Le procureur de la République Pierre Sennès et un magistrat instructeur participaient également aux recherches avec des enquêteurs de la police judiciaire à Fontclairant, un hameau du village d'Aydat, à une vingtaine de kilomètres au sud de Clermont, a constaté l'Agence France-Presse. Les enquêteurs ont, semble-t-il, refait avec Cécile B. l'itinéraire emprunté avec son compagnon, le jour des faits, alors qu'elle conduisait la voiture.

Quatre chiens de la brigade cynophile

Peu avant 15 heures, le dispositif a été levé après que le convoi de police transportant la jeune femme eut emprunté plusieurs chemins de traverse sur la commune de Ceyrat (Puy-de-Dôme), au sud de Clermont. Des recherches avaient déjà été entreprises en vain autour du lac d'Aydat, fin septembre, pour tenter de retrouver le corps de Fiona que Cécile B. et son compagnon, Berkane M., ont avoué avoir enterré après quatre mois de mensonges.

Jeudi, deux maîtres-chiens et quatre chiens de la brigade cynophile étaient mobilisés à Aydat pour d'éventuelles fouilles, selon les gendarmes. Une habitante de Verneuge, un hameau d'Aydat voisin de Fontclairant, a par ailleurs dit à l'Agence France-Presse que la police avait distribué un papier lundi dans les boîtes aux lettres. Ce papier interrogeait la population sur une pelle qui pourrait manquer - elle aurait pu servir à enterrer la fillette - et un sac noir qui aurait pu être retrouvé. L'habitante a précisé qu'à sa connaissance personne n'avait signalé quoi que ce soit.

Autopsie déterminante

Mardi, Me Gilles-Jean Portejoie avait indiqué que sa cliente, entendue pendant quatre heures au palais de justice de Clermont, ferait «tout pour aider à retrouver le corps de Fiona». Une autopsie du cadavre, s'il est retrouvé, serait déterminante pour connaître les circonstances du décès, sur lesquelles les versions de la mère et de son compagnon, Berkane M., divergent.

Tous deux affirmaient depuis le 12 mai que l'enfant avait disparu dans un parc de Clermont-Ferrand alors que la mère s'était assoupie sur un banc, soutenant la thèse de l'enlèvement. Le couple a finalement avoué il y a deux semaines que Fiona était morte et qu'ils l'avaient enterrée à la lisière d'une forêt près de Clermont, nue et en présence de sa petite soeur. Cécile B. accuse son compagnon d'avoir porté un coup mortel à la fillette, ce qu'il nie, évoquant un accident domestique - Fiona se serait étouffée en vomissant. Tous deux ont été mis en examen et écroués. La justice a privilégié la version de la mère, tout en soulignant que l'autopsie du corps de Fiona, s'il est retrouvé, serait déterminante.

Berkane M. entendu vendredi

Fin septembre, les recherches du corps, sur la base des premières déclarations du couple, n'avaient rien donné, les deux suspects, toxicomanes et recevant un traitement de substitution, étant trop imprécis. Vendredi dernier, le parquet de Clermont avait indiqué que les fouilles ne reprendraient qu'après leur audition par les magistrats instructeurs, «étape procédurale indispensable».

Après sa compagne mardi, Berkane M. doit être entendu vendredi, selon son avocat. Mais la justice a finalement décidé de reprendre des fouilles dès jeudi. Cécile B. «a pris du recul et reconstitué tout dans sa tête et elle pense être en mesure de collaborer plus efficacement», avait dit mardi Me Portejoie. Dimanche, plus de 2000 personnes avaient rendu hommage à la fillette lors d'une marche blanche à Clermont, où les aveux tardifs du couple sont très mal passés parmi les comités de soutien qui s'étaient mobilisés depuis l'annonce de la disparition de l'enfant le 12 mai. (afp)

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