France: Le corps de la joggeuse retrouvé
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FranceLe corps de la joggeuse retrouvé

La corps de la joggeuse tuée par un violeur récidiviste a été découvert entièrement dénudé en région parisienne. Son meurtre provoque un vif débat politique en France entre l'opposition et le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Une femme de 42 ans a été retrouvée tuée, entièrement dénudée, mercredi près de Milly-la-Forêt, en région parisienne, sur les indications de l'homme qui a reconnu l'avoir tuée.

Cet assassinat «aurait pu être évité», a affirmé jeudi le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, jugeant «parfaitement inacceptable que ce criminel sexuel ait été remis en liberté».

«Une vie aurait pu être épargnée si l'application de la loi avait été faite dans l'intérêt des victimes», a-t-il ajouté.

Discussion évoquée

Nicolas Sarkozy, qui a ensuite reçu les proches de la victime à l'Elysée, a jugé que le meurtre montrait «la nécessité absolue de poursuivre l'action entreprise en matière de lutte contre la récidive».

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, reprenant une proposition du porte-parole du parti de droite majoritaire UMP, Frédéric Lefebvre, a jugé qu'il fallait rendre «plus efficace» la législation sur la «castration chimique» des délinquants sexuels volontaires, de manière que celle-ci puisse «s'appliquer pendant l'incarcération, mais aussi après».

La disparition de la joggeuse la veille avait été largement annoncée dans les médias, après qu'elle eut réussi à prévenir les gendarmes avec son téléphone portable alors qu'elle était enfermée dans le coffre de la voiture de son ravisseur.

Critique

Le meurtrier présumé, 47 ans, avait été condamné en 2002 à onze ans de réclusion criminelle pour le viol et l'enlèvement d'une adolescente de 13 ans. Il avait bénéficié d'une libération conditionnelle en 2007, assortie de mesures de contrôle jusqu'en novembre 2008.

Face aux déclarations de la droite, l'opposition socialiste a elle dénoncé une réponse «symptomatique de ce qu'est aujourd'hui la dérive de ce pays et de ce gouvernement en matière sécuritaire».

«Les moyens publics ont reculé», les délinquants sexuels ne sont pas «pris en charge comme on devrait le faire, soit en établissement psychiatrique, soit en milieu carcéral» alors qu'ils devraient pouvoir bénéficier de «thérapies indispensables», a dit le porte- parole socialiste Hervé Hamon.

Accusation

Le gouvernement avait déjà provoqué une vive polémique en 2008 en faisant adopter une loi prévoyant une «rétention de sûreté» au-delà de la fin de leur peine pour les auteurs de crimes particulièrement graves, notamment sexuels, qui seraient considérés comme toujours dangeureux par des experts.

Au début de l'année, M. Sarkozy a aussi été accusé par les milieux médicaux de promouvoir une psychiatrie «sécuritaire», après avoir annoncé une réforme durcissant le régime d'hospitalisation d'office et d'internement.

Les syndicats de magistrats ont de leur côté jugé «scandaleux» d'être mis en cause par le pouvoir, un problème selon eux «récurrent» à chaque affaire de ce type.

(ats)

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