Commémoration de Sempach : Le cortège remplacé par un festival médiéval
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Commémoration de Sempach Le cortège remplacé par un festival médiéval

Pour les 625 ans de la bataille de Sempach, un festival médiéval a remplacé pour la première fois le traditionnel cortège sur le lieu de l'affrontement.

Avec la nouvelle conception de la fête, le canton de Lucerne espérait attirer plus de familles et moins d'extrémistes de droite. Depuis 2003, la fête sur le champ de bataille a été marquée par leur présence. Un tournant a été atteint en 2009 lorsqu'une contre- manifestation de jeunes de gauche a nécessité un fort déploiement policier pour éviter un affrontement.

Le président du gouvernement lucernois, Marcel Schwerzmann (sans parti), a défendu cette innovation lors de la cérémonie dans l'église St-Stephan de Sempach (LU). Chaque époque interprète la bataille à sa manière, a-t-il estimé. Les cérémonies des dernières décennies étaient placées sous le signe de la menace de l'extérieur, la nouvelle se place en revanche sous celui de la rencontre.

Le centre névralgique de la commémoration était donc la petite ville et son festival médiéval. Des barbiers offraient leurs services, tandis que des lavandières se pressaient à la fontaine. Les visiteurs ont pu écouter des histoires et de la musique et assister à des compétitions.

Un tournant, selon Doris Leuthard

Invitée d'honneur, la conseillère fédérale Doris Leuthard a souligné dans un discours que la bataille de Sempach avait marqué un tournant. Les Habsbourg avaient dû reconnaître le 9 juillet 1386 qu'ils ne pouvaient pas régner en Suisse car les Confédérés avaient pris confiance dans leurs idées politiques et leur capacité à former un Etat.

L'époque actuelle se caractérise aussi par de fortes transformations, a estimé la ministre. Elle a plaidé pour une politique basée sur la confiance et une critique constructive. La méfiance et le désir d'avoir toujours le dernier mot résultent en un blocage de l'Etat. La Suisse a toujours su se surpasser en temps de crise parce qu'elle a fait confiance à sa capacité à s'organiser.

Les festivités se sont déroulées sur plusieurs semaines avec des concerts, un forum sur l'histoire et un débat destiné aux jeunes. La traditionnelle course avec hallebarde, bannie de la cérémonie officielle, a eu lieu la dernière semaine du mois de juin.

Les partis bourgeois avaient vertement critiqué la nouvelle formule, craignant qu'elle ne signe l'arrêt de mort d'une tradition prétendument plusieurs fois centenaire. La cérémonie n'avait toutefois pris cette forme qu'en 1986.

(ats)

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