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Sagamore Stévenin«Le côté Maserati de Verbier me faisait chier»

La RTS tourne un téléfilm dans les montagnes valaisannes avec Sagamore Stévenin et Claire Borotra. Ils ont chacun préparé leur rôle à leur façon.

par
Mathilde Jarry

Les interviews des deux acteurs.

Le téléfilm porte bien son nom: «Altitudes». Depuis septembre et jusqu'à la semaine prochaine, France 3 et la RTS tournent en Valais, dans le Val d'Anniviers. Une expérience unique et magnifique pour les deux héros, campés par Claire Borotra et Sagamore Stévenin.

Qui jouez-vous dans cette fiction, qui sera diffusée en 2017?

Claire Borotra: Je joue Isabelle, une championne d'alpinisme qui revient dans le village de son enfance pour l'enterrement de son père.

Sagamore Stévenin: Un ours (rires)! Je suis Antoine, un cristallier un peu taiseux. Isabelle est un amour de jeunesse.

Jouer en pleine montagne, c'était une première?

C.B.: J'ai tourné avec des rats, des loups, des faucons, sur le porte-avions Foch, mais la montagne, je ne connaissais pas! On a tourné à 4300 m d'altitude, pris des hélicos... Ce téléfilm m'a guérie du vertige!

S.S.: J'avais déjà tourné en Suisse, mais dans le canton de Vaud. Là, la montagne, on se dit que ça donne le vertige, on se demande ce qu'on va faire. Je suis du Jura, côté français, donc je connais les montagnes de 900m. Là, à 4300m, on respire plus doucement. Mais j'avais envie de me confronter à ça.

Comment vous êtes-vous préparés pour vos rôles?

C.B.: Pour ma part, je me suis beaucoup inspirée de l'alpiniste française Catherine Destivelle. Je suis tombée sous son charme.

S.S.: Je suis arrivé en amont du tournage, pour m'isoler dans un tout petit village et me mettre dans la peau de mon personnage, plutôt silencieux. Même quand l'équipe est partie tourner à Verbier, le côté Maserati me faisait chier. Je suis resté dans mon chalet.

Comment s'est passée la vie en dehors du tournage?

C.B.: Il n'y en a aucune (rires)! C'est une grande vie en communauté. On a vécu en refuge, enfin en cabane comme on dit ici. J'ai dit au début «chalet» et tout le monde m'a regardée, j'ai cru que j'allais être virée. On regarde toujours le paysage magnifique, mais après on bosse beaucoup. C'est intense.

S.S.: Moi j'aime bien quand il n'y a pas de bruit. Donc la montagne était un bon endroit. Après, c'est étonnant, on a tourné deux fois trois jours à la cabane du Trient. Je me suis dit: «c'est sublime, ça va être une sorte de retraite silencieuse» et en fait pas du tout. Il y avait toujours 20 mecs qui rentraient de cordée, ils étaient 30 à boire des bières, 60 à manger, 15 à dormir, ils pétaient, ronflaient (rires). Ici au Weisshorn, c'est magnifique. J'aime bien, parce que la montagne rend humble, ce qui n'est pas la première qualité des gens de ma profession.

Le fait que le réalisateur, Pierre-Antoine Hiroz, soit aussi guide de montagne a-t-il aidé?

C.B.: Bien sûr! Il connaît la montagne par cœur. Avec un autre réalisateur, ça aurait été un cauchemar. Il nous aurait fait prendre des risques. Pierre-Antoine s'est entouré des meilleurs, il sait ce qu'il veut, il sait comment filmer la montagne. Lui et son équipe ont tous su nous inspirer confiance pour que l'on donne le meilleur.

S.S.: Pierre-Antoine est un type très calme. Ce qui est très bien, puisque moi, je veux que ça bouge en permanence.

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