21.11.2018 à 22:52

«Gilets jaunes» à La RéunionLe «coup de flip» d'un Vaudois en vacances

En vacances à la Réunion, un Veveysan et sa compagne française sont confrontés à une situation chaotique. Ils racontent.

von
joc

Lionel et Marthe sont arrivés dimanche sur l'île de la Réunion pour deux semaines de vacances rythmées par des sessions de plongée et des randonnées. Témoins de scènes de «guérilla», le Vaudois et sa compagne française ne sont pas particulièrement inquiets pour leur sécurité. Couvre-feu oblige, ils sont obligés de passer leurs soirées dans le logement AirBnb qu'ils ont loué dans l'ouest de l'île. «On essaie de rester dans les hauts, car c'est surtout en bas qu'il y a les barrages et les casseurs», explique l'ingénieur de 29 ans.

Constamment branché sur Radio Freedom, une radio libre sur laquelle les habitants donnent toutes les informations utiles à leurs concitoyens, le couple slalome entre les barrages et les «trucs cramés». Si dimanche, l'ambiance était encore «bon enfant», l'atmosphère a rapidement tourné à l'aigre. «Tu as beau être dans la voiture en sécurité, tu n'es pas rassuré. On a vu des gamins de 12-13 ans se mêler aux casseurs», raconte Marthe. Si d'une manière générale les deux vacanciers gardent la tête froide, ils ont été marqués par un sérieux «coup de flip» survenu lundi.

«Rentrez chez vous! Rentrez chez vous!»

En route pour une session de plongée, le couple était en train de profiter d'une terrasse sur le port de Saint-Gilles quand, vers 12h30, une femme a surgi: «Rentrez chez vous! Rentrez chez vous!» criait-elle. «Vingt minutes plus tard, des gendarmes ont débarqué. Ils nous ont expliqué que des casseurs étaient en train de semer le chaos sur le littoral et qu'ils étaient en train d'arriver», raconte Lionel. Sans tergiverser, les deux touristes sont montés dans leur véhicule et ont pris un autre chemin, pensant éviter les barrages. Raté: «Nous nous sommes retrouvés bloqués à 2 kilomètres de la maison, pendant une heure», poursuit Marthe.

Le couple n'a pas l'intention de renoncer à ses vacances et compte sur une accalmie. La semaine prochaine, il a prévu de se rendre à l'est de l'île pour y pratiquer des randonnées. Mais pour l'heure, traverser La Réunion d'ouest en est relève de la mission impossible. La plupart des magasins étant fermés, les deux vacanciers commencent gentiment à être à court de provisions. «On en a encore pour deux-trois jours, ensuite on verra», glisse Lionel. Sa compagne, elle, s'inquiète pour les habitants de l'île. «Ce couvre-feu, c'est bizarre. Je n'ai pas l'impression d'être dans mon pays. Cette région vit du tourisme, et le manque à gagner va être énorme. J'ai l'impression qu'ils sont en train de se tirer une balle dans le pied», déplore-t-elle.

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