Actualisé 05.04.2020 à 05:26

Coronavirus

Le Covid-19 a fait plus de 500 victimes en Suisse

L'Office fédéral de la santé publique a annoncé ce samedi que la pandémie n'a pas encore atteint son pic alors que plus de 20'000 personnes ont été testées positives dans le pays.

Le délégué de l'OFSP pour le coronavirus Daniel Koch a déclaré ce samedi à Berne qu'il est actuellement impossible d'alléger les mesures tant que le nombre de cas ne diminue pas.

Le délégué de l'OFSP pour le coronavirus Daniel Koch a déclaré ce samedi à Berne qu'il est actuellement impossible d'alléger les mesures tant que le nombre de cas ne diminue pas.

Keystone

La Suisse a franchi la barre des 20'000 cas positifs au Covid-19 et l'épidémie n'a pas encore atteint son pic. Avec 236 cas pour 100'000 habitants, la Suisse est un des pays les plus touchés en Europe, et compte désormais 540 décès.

Tant que le nombre de cas ne diminuera pas, il est impossible d'alléger les mesures, a averti le délégué de l'OFSP pour le coronavirus Daniel Koch lors d'un point de presse à Berne. Si une stratégie de sortie de crise devra être décidée par le Conseil fédéral, elle n'est pas pour tout de suite.

S'il suffisait de porter un masque pour pouvoir retourner au travail de manière sécurisée, cela aurait déjà été fait, a souligné Daniel Koch. Si porter un masque peut protéger les autres, il ne suffit pas pour se protéger soi-même et reste une mesure insuffisante dans plusieurs corps de métier.

Un quart des actifs au chômage

La politique de santé publique n'est pas juste tournée vers l'épidémie, mais vers la santé de la population entière. Chaque mesure est évaluée en ce sens, car les restrictions ont des effets secondaires négatifs, notamment avec le blocage de l'économie.

Près d'un actif sur quatre est désormais au chômage partiel en Suisse, soit 1,3 million de personnes, a déclaré la directrice du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch. Au Tessin, ce taux atteint même 40%.

Malgré les mesures prises par le Conseil fédéral, dont 60 milliards de francs, la cheffe du Seco a répété que l'économie suisse ne sortira pas sans dommage de cette crise. Les autorités veulent pour l'instant assurer les salaires des employés et éviter les faillites des entreprises. Différents scénarios sont étudiés pour sortir de la crise, mais tout dépend de la suite de l'épidémie.

Civilistes et militaires mobilisés

L'armée et la protection civile sont mobilisées pour lutter contre la propagation du virus. Plus de 4900 militaires ont déjà été mobilisés. Sur les 4000 soldats disponibles pour les missions sanitaires, 1300 ont déjà été déployés, les autres attendent leur mission.

Les militaires soutiennent ainsi les cantons qui le souhaitent, notamment les hôpitaux, la police et les garde-frontières. La décision du Conseil fédéral prévoit un maximum de 8000 soldats.

Mais ils sont également affectés par le coronavirus. 759 soldats sont en quarantaine, 33 en isolation et 164 ont été testés positifs. «C'est toujours trop, mais les chiffres en diminution sont rassurants», a affirmé le brigadier Raynald Droz.

Environ 5000 membres de la protection civile sont également mobilisés dans la lutte contre le coronavirus. Parmi eux, 2900 sont déployés en Suisse romande. Le canton de Vaud, l'un des plus touchés par l'épidémie, s'est vu attribué 1200 civilistes, a précisé Christoph Flury, vice-directeur de l'Office fédéral de la protection de la population.

Et 200 autres ont été envoyés à Genève durant le week-end. Ils y soutiennent notamment les forces de l'ordre pour veiller à ce que la population respecte bien les mesures fédérales. Les civilistes sont mobilisés pour une durée déterminée et non de manière permanente. Leur mission principale reste le soutien au système de santé, à savoir les hôpitaux, mais aussi de plus en plus les hospices et EMS.

D'autres maladies dangereuses

La ligne de défense principale de la lutte contre la propagation du coronavirus reste cependant les mesures de distanciation sociale. Daniel Koch a de nouveau exhorté la population a rester autant que possible à la maison et de ne sortir qu'en cas de nécessité.

Le coronavirus n'est cependant pas la seule menace sur la santé de la population. La situation en pédiatrie est notamment inquiétante. De nombreux parents, préoccupés par l'épidémie, attendent trop longtemps avant d'amener leur enfant se faire consulter, a souligné Daniel Koch. Ils ne doivent pas attendre et consulter quand cela est nécessaire.

Les médecins appellent également à ne pas retarder des consultations nécessaires par crainte du coronavirus. Les prises en charge de patients souffrant de divers symptômes autres que ceux du Covid-19 ont diminué. Or, un traitement différé peut avoir des conséquences fatales, soulignent les professionnels. (nxp/afp)

(NewsXpress)
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