08.04.2020 à 20:09

Coronavirus-Suisse

Le Covid-19 ne devrait pas faire exploser les primes

Les conséquences financières de la crise sanitaire ne seront pas connues avant de longs mois. Les assureurs maladie disent pouvoir compter sur leurs réserves.

de
Maria Pineiro
Les réserves devraient permettre de faire face aux coûts liés au covid-19.

Les réserves devraient permettre de faire face aux coûts liés au covid-19.

Erdikocak

Les primes d'assurance maladie vont-elles exploser en 2021? La question inquiète de nombreux Suisses qui voient les hôpitaux faire face à un afflux de malades atteints du Covid-19. Alors que le pic de l'épidémie n'a pas été atteint dans le pays, ils est difficile de répondre à la question du coût global de la pandémie à la charge des caisses maladie. Des estimations fiables ne devraient pas être disponibles avant la fin de l'année 2020, voire en 2021, et dépendent de nombreux paramètres. Mais les assureurs et leurs faîtières se veulent rassurants: les réserves permettront de faire face.

La facture finale dépendra au premier chef, de «la durée et de l'ampleur de la pandémie» en Suisse, souligne Loïc Mühlemann, responsable communication du Groupe Mutuel. Le pic n'ayant pas encore été atteint, selon les autorités fédérales, difficile donc de tirer un bilan. Mais le prix des tests de dépistage et des traitements prodigués actuellement est déjà connu ou estimé. Ainsi, la facture pour un frottis et les analyses liées se monte à quelque 300 fr. «Au rythme actuel, cela signifie plusieurs millions de francs par jour», détaille Adrien Kay, directeur de la communication de Curafutura. La faîtière a procédé à des estimations du coût de prise en charge des patients Covid-19: le traitement pour les cas les plus graves avoisinerait les 100'000 fr. Les frais induits par les malades hospitalisés sont à la charge des assureurs à hauteur de 45%. Le reste est facturé aux cantons. A Genève, on assure également qu'il est trop tôt pour articuler des montants.

Traitements non urgents repoussés

D'après les assureurs, les factures liées à la pandémie ne seront reçues que durant le deuxième semestre de l'année, voire en 2021. «Les traitements électifs sont repoussés à large échelle. Une opération du genou non urgente par exemple n'aura pas lieu maintenant mais sera repoussée à plus tard. Ce mécanisme réduit forcement le nombre d'interventions chirurgicales de l'année 2020 et ainsi les coûts. De l'autre côté les capacités de traitement des patients Covid-19 sont massivement augmentées», analyse Nina Franck porte-parole de la CSS. En somme, le coût final dépendra du différentiel entre baisse des frais ordinaires et hausse de ceux liés à la crise.

Si la facture annuelle devait être plus importante que les prévisions, alors, il faudrait combler le déficit entre primes et coûts. Mais cela se ferait, selon les assureurs par le biais des réserves constituées. «L'an dernier, ces réserves s'élevaient à plus de 8 milliards de francs, à mettre en rapport avec les 33 milliards de francs de prestations que les assureurs-maladie ont remboursé en 2019. Les réserves sont solides, elles devraient donc, à notre sens, permettre d'absorber les surcoûts liés à la crise», affirme Christophe Kaempf, porte-parole de Santésuisse. Chez Assura, on se montre également rassurant: les réserves permettront d'«assurer la stabilité du système de santé en Suisse», dixit Karin Devalte, responsable communication.

La position des assureurs s'appuie sur le principe même de la fixation des primes de l'Office fédéral de la santé publique: «Le facteur décisif pour le calcul des primes pour 2021 ne sont pas les coûts pour 2020, mais les prévisions de l'OFSP concernant les coûts en 2021. En principe, les primes pour chaque année doivent être fixées de manière à ce qu'elles correspondent aux coûts estimés pour l'année de leur application. Les réserves sont destinées à couvrir les coûts imprévisibles élevés d'une année. Lors du calcul du niveau minimum de réserves, un scénario de pandémie est inclus.»

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