Actualisé 23.06.2020 à 11:25

Fête de la viande en Chine

Le Covid épargne des milliers de chiens

Les festivités culinaires autour des toutous souffrent de la crise sanitaire. Résultat: certains ne seront pas consommés.

chiens marché Yulin Chine
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Des animaux sont vendus sur un marché de la région de Yulin, connue pour sa Fête de la viande de chien

Reuters

D'ordinaire, des milliers de quadrupèdes sont sacrifiés fin juin à Yulin, bourgade du sud de la Chine célèbre pour sa «Fête de la viande de chien». Mais cette année, le coronavirus pourrait en avoir sauvé quelques-uns.

L'épidémie, qui a fait plus de 460’000 morts chez les humains, est apparue fin 2019 dans un marché de Wuhan (centre de la Chine), où étaient vendus des animaux vivants. Depuis lors, le pays a renforcé sa législation sur le commerce des animaux.

Une fête «inhumaine et barbare»

Toujours ça de pris pour Jeffrey Bari, un Américain dont le refuge accueille près de Pékin quelque 200 chiens arrachés au sort funeste qui les attendait à des milliers de kilomètres au sud.

La fête de Yulin est «inhumaine et barbare», affirme cet ami des animaux, qui s'efforce de trouver des familles d'accueil pour ses pensionnaires.

Les militants de la cause animale sauvent chaque année des centaines de chiens lors de raids dans des abattoirs ou d'interceptions de camions qui se dirigent vers le sud du pays, là où survit la consommation des canidés. «On a un sentiment de réussite lorsque l'on est arrivé à changer le sort d'un chien», se félicite Mlle Ling, une volontaire qui travaille dans le refuge baptisé «No Dog Left Behind» (Aucun chien abandonné).

Consommation en baisse

Avant même l'apparition du Covid-19, la consommation était en net repli en Chine, voire anecdotique, alors que de plus en plus de citadins élèvent un chien comme compagnon, pas comme plat de résistance. Mais dans certaines régions, la viande de chien reste considérée comme bonne pour la santé.

Honte mondiale

A Yulin, où la fête annuelle a démarré dimanche avec le solstice d'été pour une semaine de gastronomie canine, des dizaines de chiens s'entassent dans d'étroites cages, selon des vidéos consultées par l'AFP. Des carcasses s'entassent comme chaque année sur les étals des bouchers.

Mais des restaurateurs contactés par téléphone depuis Pékin confient que les affaires battent de l'aile.

«Les clients sont beaucoup moins nombreux», déclare à l'AFP un employé du nom de Chen, évoquant l'obsession de la sécurité alimentaire qui s'est emparée du pays dans la foulée du Covid-19.

Pour Deborah Cao, spécialiste du droit de l'animal à l'Université Griffith en Australie, la fête de Yulin est tolérée par les pouvoirs publics. «La plupart des activités liées au commerce de la viande de chien sont en contravention avec les réglementations existantes en matière de sécurité alimentaire», relève-t-elle. De toute façon, en Chine, ces règles «ne sont généralement pas appliquées» et «personne n'a à rendre des comptes», résume-t-elle.

(AFP)

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