Suisse: Le Covid exacerbe les inégalités
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SuisseLe Covid exacerbe les inégalités

Les ménages ayant un revenu inférieur à 4000 francs doivent se débrouiller avec un salaire 20% inférieur à celui qu’ils percevaient il y a un an. De plus, la Suisse doit compter sur environ 13’000 postes vacants en moins.

Depuis le début de la pandémie, un salarié à faible revenu sur deux a dû puiser dans ses économies et un travailleur sur neuf s’est endetté.

Depuis le début de la pandémie, un salarié à faible revenu sur deux a dû puiser dans ses économies et un travailleur sur neuf s’est endetté.

20min/Matthias Spicher

La pandémie aggrave les inégalités. Selon la dernière étude du Centre de recherche économique de l’EPFZ (KOF), les ménages ayant un revenu inférieur à 4000 francs doivent se débrouiller avec un salaire 20% inférieur à celui qu’ils percevaient il y a un an. Aussi, un tiers des employés étant dans la catégorie des bas salaires ont été envoyés en chômage partiel ou ont perdu leur travail. De plus, il y a environ 13’000 postes vacants de moins qu’il y a un an en Suisse.

Un salarié à faible revenu sur deux a dû ainsi puiser dans ses économies et un travailleur sur neuf s’est endetté. «C’est particulièrement effrayant, affirme l’économiste Isabel Martínez au SonntagsBlick. Je ne sais pas comment les gens vont faire, car même si les affaires devaient reprendre vite, ils ne vont pas gagner soudainement 6000 francs par mois. Comment sont-ils censés rembourser leurs dettes?»

Inégalités hommes-femmes

Selon elle, même s’il est vrai que toutes les tranches de revenus ont subi des pertes, les plus pauvres paient le prix fort. «Les migrants sont particulièrement touchés car ils travaillent souvent déjà dans des conditions très précaires», explique Isabelle Lüthi, syndicaliste chez Unia. «Et les femmes souffrent davantage de la pandémie que les hommes. Car les deux tiers des employés à bas salaires sont des femmes.»

L’enseignement à domicile, un danger

Comme mesure à court terme, Isabelle Martínez préconise une augmentation du chômage partiel de 80 à 100% pour les salaires à faibles revenus, comme c’est le cas depuis décembre. La même approche pourrait être adoptée pour les allocations de chômage, explique-t-elle.

Selon elle, il est également primordial de ne pas oublier les enfants et les jeunes issus de familles défavorisées sur le plan éducatif: «L’enseignement à distance les désavantage, et pour eux, la pandémie est un grand danger.»

(szu)

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