France: Le crash du Mirage dans le Jura enfin expliqué
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FranceLe crash du Mirage dans le Jura enfin expliqué

Le Bureau Enquête accidents pour la sécurité de l'aéronautique d'État estime que l'équipage était astreint à un entraînement trop intensif.

C'est de cette base-là, à Nancy-Ochey, qu'avait décollé le Mirage 2000D.

C'est de cette base-là, à Nancy-Ochey, qu'avait décollé le Mirage 2000D.

Keystone

Le crash en janvier dernier d'un avion de chasse Mirage 2000D de l'armée française dans le Jura est notamment lié à un manque d'entraînement, estime le Bureau Enquête accidents pour la sécurité de l'aéronautique d'État (BEA-É). Les deux membres d'équipage avaient été tués dans l'accident.

Dans un rapport dont l'AFP a pris connaissance jeudi, le BEA-É regrette la destruction de la boîte noire de l'appareil et évoque des erreurs humaines de l'équipage dans l'accident, liées en particulier à un manque d'entraînement, et dans l'escadre concernée (3e EC), et dans l'armée de l'air en général.

Le rapport estime que l'équipage n'a pas pris conscience suffisamment, ou suffisamment rapidement, de la position dangereuse de l'appareil, qui s'est écrasé dans le massif jurassien dans des conditions de visibilité difficiles, alors qu'il effectuait un exercice de vol à très basse altitude ou «suivi de terrain» (SDT).

L'absence de données dans l'enregistreur de vol a empêché l'analyse de certaines hypothèses, mais le BEA-É évoque un problème d'entraînement généralisé.

«Ce manque d'entraînement a conduit à une recherche d'optimisation à chaque vol. Les entraînements sont devenus, au fil des années, de plus en plus denses. Cette densité est devenue la norme pour les équipages qui n'ont connu que cette situation», expliquent les auteurs.

Revoir la vidéo expliquant le crash survenu en janvier 2019:

Pression

Ils font état de la «sous-estimation des risques liés à ce type de mission et à un défaut de supervision». Et invoquent la pression à laquelle était soumis l'équipage pour «optimiser l'entraînement», évoquant même la «crainte du jugement d'un autre pilote expérimenté» s'il renonçait au projet initial de vol.

Pilote de combat, le capitaine Chirié totalisait 24 missions de guerre et 940 heures de vol, selon l'armée de l'air. Sous-chef navigatrice, la lieutenant Michelon totalisait 97 missions de guerre et 1250 heures de vol. Ils venaient de revenir de congés et n'avaient pas volé en métropole depuis plusieurs mois.

Dans ses conclusions, le BEA-É recommande notamment «à l'armée de l'air d'assurer un suivi personnalisé de l'entraînement au SDT [...], afin de permettre au commandement d'adapter la complexité des missions aux progressions individuelles». Sur le plan judiciaire, une enquête a été ouverte contre X des chefs d'homicides involontaires et de destruction d'aéronef par le Parquet de Metz, compétent pour les affaires militaires dans le Grand Est. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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