Le Crédit Suisse a bien résisté à la crise
Actualisé

Le Crédit Suisse a bien résisté à la crise

Le Credit Suisse a mieux su garder le cap que l'UBS dans la tempête qui a frappé les marchés financiers l'an passé.

Alors que le numéro un bancaire helvétique affichera une perte de 4,4 milliards de francs, son dauphin a dégagé un bénéfice net de 8,55 milliards.

En 2006, le Credit Suisse avait dégagé un bénéfice net de 11,327 milliards de francs, un montant qui comprenait toutefois le résultat de l'assureur Winterthur, cédé depuis au français Axa. A périmètre comparable, la performance s'est améliorée de 3% par rapport à l'année précédente, a indiqué mardi l'établissement.

Ce résultat record a été obtenu dans un contexte «extrêmement difficile», a commenté à Zurich Brady Dougan, le patron de la banque. Le Credit Suisse a pu s'appuyer sur son modèle de banque intégrée ainsi que sur son savoir-faire en matière de gestion des risques.

Reste que l'institut a lui aussi dû effectuer des correctifs de valeur, à hauteur de 2,92 milliards de francs. Dans la banque d'affaires (Investment banking), ils se sont chiffrés à 2 milliards et à 920 millions dans la gestion d'actifs institutionnels (Asset management).

Mieux qu'UBS

A titre de comparaison, l'UBS, nettement plus touchée par la crise des crédits américains, a annoncé des dépréciations d'actifs pour plus de 20 milliards de francs pour sa banque d'affaires en 2007. La première banque suisse présentera ses résultats détaillés jeudi.

Dans l'unité Investment banking, le Credit Suisse a passé des correctifs de valeur de 1,3 milliard de francs sur le seul 4e trimestre, a précisé Wilson Ervin, responsable de la gestion des risques. Ces dépréciations concernent les affaires de leveraged finance pour 231 millions.

Dans les activités de titres garantis par des créances hypothécaires commerciales (CMBS), les dépréciations nettes d'actifs se sont hissées à 384 millions de francs au 4e trimestre. A l'issue de l'année, l'exposition brute de l'établissement dans ce domaine s'est fixée à 25,9 milliards, contre 35,9 milliards trois mois auparavant.

Quant aux activités liées à des créances hypothécaires résidentielles (RMBS), elles ont enregistré des correctifs de valeur nets de 480 millions de francs au 4e trimestre. A fin décembre, l'exposition nette aux subprimes américains s'est réduite à 1,6 milliard, contre 3,9 milliards à fin septembre.

Investment banking à la peine

Mais la maîtrise de ces difficultés n'est pas intervenue sans mal, a noté Renato Fassbind, le chef des finances du Credit Suisse. Si la division Investment banking est parvenue à demeurer dans le noir, elle n'en n'a pas moins vu son résultat avant impôts se réduire de 19% en un an à 4,83 milliards de francs.

Aux dépréciations de la banque d'affaires se sont ajoutées celles de 774 millions de francs dans l'Asset management en relation avec des titres acquis aux fonds de marchés monétaires de l'établissement. Essuyant une perte avant impôts de 247 millions au 4e trimestre, la division a vu son résultat annuel chuter de 30% à 354 millions.

Le Credit Suisse est particulièrement redevable de la performance de ses activités de banque privée. L'unité Private banking, qui comprend la gestion de fortune (Wealth managment) ainsi que la banque de détail (Corporate & Retail banking), a généré un résultat avant impôts record de 5,49 milliards de francs, en hausse de 19% par rapport à 2006.

Escomptant une année 2008 difficile, Brady Dougan s'est toutefois dit confiant. Le modèle de banque intégrée, qui a permis de générer des revenus de 5,9 milliards de francs l'an passé, devrait continuer d'influencer favorablement la marche des affaires.

Malgré la bonne performance, le titre Credit Suisse est resté sous pression à la Bourse suisse durant la matinée. Vers 14h30, l'action de la banque se reprenait, gagnant 0,62% par rapport à la clôture de la veille à 56,45 francs, dans un marché des valeurs vedettes en hausse de 1,09%.

(ats)

Ton opinion