Conjoncture: Le Credit Suisse maintient ses prévisions
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ConjonctureLe Credit Suisse maintient ses prévisions

Les économistes du numéro deux bancaire suisse réitèrent leurs prévisions conjoncturelles pour l'économie helvétique.

Les économistes du Credit Suisse maintiennent inchangées leurs prévisions conjoncturelles pour l'économie helvétique. Ils tablent, comme en mars dernier, sur un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,8% cette année et de 1,2% en 2016. Ils estiment toutefois que le potentiel de croissance de l'économie baissera d'ici 2030.

«La croissance économique devrait n«accélérer que faiblement l'an prochain, mais un véritable repli conjoncturel n«est guère probable malgré la vigueur du franc», a déclaré mardi l'économiste Maxime Botteron. Il présentait les prévisions annuelles du Credit Suisse devant la presse à Lausanne.

Les experts du numéro deux bancaire helvétique prévoient une détérioration du marché du travail en 2016, avec un taux de chômage à 3,7% contre 3,3% en 2015. Cette hausse n'est toutefois pas susceptible de faire chuter la consommation, qui devrait stagner voire très légèrement fléchir à 1% contre 1,1% actuellement.

«Le marché de l'emploi résiste plutôt bien. L'immigration, qui est un puissant moteur de consommation se poursuit, tandis que les prix baissent et poussent à l'achat. Enfin, les intérêts hypothécaires sont faibles, et allègent le budget d'une bonne partie de la population» explique Maxime Botteron.

Contexte mondial favorable

Par ailleurs l'économie mondiale, notamment les Etats-Unis et l'Union européenne, connaît une phase de reprise. «Les crédits aux entreprises et les immatriculations de nouvelles voitures sont en hausse dans la zone euro, et nous nous attendons à ce que la Réserve fédérale américaine (Fed) annonce jeudi une hausse des taux d'intérêts», ajoute le spécialiste en politique monétaire.

Le ralentissement dans les pays émergents, qui souffrent de la baisse des prix des matières premières, n'inquiète pas l'économiste outre mesure. «Nous sommes optimistes pour la croissance en Chine, nous nous attendons à une stabilisation suivie d'une amélioration», dit-il.

Tout ceci est donc favorable pour l'économie helvétique. «La demande pour les produits suisses est toujours là», poursuit Maxime Botteron. Et si les exportateurs ont été contraints de fortement réduire leurs marges en 2015 après la fin du taux plancher, Le Credit Suisse s'attend à ce qu'une dépréciation du franc fasse légèrement augmenter les exportations en 2016.

L'établissement bancaire s'attend en outre à ce que la Banque nationale suisse (BNS) confirme jeudi ses taux négatifs et son intention d'intervenir ponctuellement sur le marché des changes.

Boom de la santé en 2030

Dans un futur plus lointain, les experts estiment que le potentiel de croissance de l'économie helvétique va se réduire. De 2% environ aujourd'hui, le taux devrait reculer à 1,6% d'ici à 2030, selon une prévision contenue dans l'édition d'automne 2015 du «Moniteur Suisse».

«L'explication est à chercher dans des facteurs démographiques comme le vieillissement de la population, l'affaiblissement de l'offre de main-d'oeuvre qui en découle et la menace de limitation de l'immigration», indique l'économiste Lucas Gehrig.

Enfin, le domaine de la santé et de l'action sociale devrait générer nettement plus d'emplois ces quinze prochaines années. «Alors qu'en 2014, un employé sur huit travaillait dans le domaine de la santé et un sur six dans celui de l'industrie, cette proportion devrait être inversée en 2030», pointe ce spécialiste du marché du travail.

En chiffres, cela représente 200'000 emplois supplémentaires dans la santé et l'action sociale, et 100'000 emplois en moins dans l'industrie. Les technologies de l'information devraient quant à elles générer 60'000 nouveaux emplois et le conseil aux entreprises 70'000. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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