Actualisé 14.12.2008 à 13:36

Débâcle bancaireLe CS pourrait aussi être secouru par la BNS

UBS a été sauvée par la Banque nationale suisse (BNS). Si Credit Suisse (CS) demandait de l'aide à l'État, la BNS serait en mesure de prendre la seconde banque suisse sous son aile.

C'est ce qu'a annoncé Thomas Jordan, membre de la Direction générale de la BNS, dans une interview au «SonntagsZeitung».

«Une chute du CS aurait les mêmes répercutions pour la Suisse qu'une chute d'UBS», a commenté Jordan au «SonntagsZeitung». Mais il n'y a pour l'instant "aucune raison" qui pousserait CS à demander de l'aide à l'État.

La crise des marchés est profonde et une partie de la population n'a longtemps pas réalisé sa gravité, note Thomas Jordan. Mais la politique mise en oeuvre aujourd'hui est différente, explique-t-il dans un entretien paru dans la «SonntagsZeitung».

Les banques centrales ont injecté rapidement des liquidités, et elles ont abaissé les taux d'intérêts dans de nombreux pays. A l'image de la Banque nationale suisse (BNS), qui a effectué jeudi dernier son quatrième assouplissement monétaire en deux mois.

De plus, le monde politique a réagi par des plans d'action au niveau conjoncturel, souligne Thomas Jordan. «Tout cela laisse espérer que les conséquences pour l'économie réelle seront très différentes que dans les années 1930», juge-t-il.

Instruments supplémentaires

La BNS a fortement joué sur son taux directeur mais peut encore utiliser d'autres instruments. «Si nécessaire, nous pourrions agir sur le marché des devises, ou sur celui des obligations à long terme. Ou même injecter encore plus de liquidités dans le système», indique Thomas Jordan.

Reste que l'argent ne circule pas de façon optimale sur le marché interbancaire, à cause du manque de confiance. Pourtant, outre les banques qui cherchent de l'argent, il y a aussi en Suisse des établissements qui en ont, souligne M. Jordan. «Nous devons trouver des solutions pour que l'argent parvienne là où il existe des besoins de financement.»

Par contre, la BNS estime qu'on ne peut pas parler d'une panne des crédits pour le moment. Il y a certes des cas d'entreprises qui peinent à obtenir les emprunts souhaités auprès de leur banque, concède M. Jordan. En témoigne le groupe industriel zurichois Rieter qui, en difficulté, a évoqué la semaine dernière le durcissement des conditions d'octroi de crédit.

Ce phénomène montre toute l'importance d'avoir en Suisse plusieurs établissements qui soient capables de fournir des financements et qui continuent de miser sur cette activité traditionnelle des banques, souligne M. Jordan.

Source: «SonntagsZeitung»/ats

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