Actualisé 27.10.2008 à 12:41

TibetLe dalaï lama prêt à examiner une stratégie plus dure face à Pékin

Le dalaï lama est prêt à examiner une stratégie plus radicale sur le Tibet après l'échec de facto de sa politique conciliante avec la Chine.

Ce mouvement restera toutefois "non violent". Après sept cycles annuels de négociations avec Pékin, le dalaï lama "a perdu espoir de trouver une solution avec l'actuel gouvernement chinois qui ne souhaite tout simplement pas régler la question" du Tibet, a déploré son plus proche conseiller, Tenzin Taklha.

"Sa Sainteté pense que d'autres options doivent être examinées et cela sera fait en novembre", lors d'une réunion de 300 représentants de la communauté tibétaine doivent à Dharamsala (Inde), où le chef spirituel tibétain vit réfugié depuis 1959.

Malgré cet éventuel durcissement de la position tibétaine -#qui réclamerait l'indépendance plutôt qu'une simple autonomie#- "le mouvement tibétain restera non violent. C'est une dimension non négociable sur laquelle tout le monde est d'accord", a assuré M.#Taklha.

Pourparlers depuis 2002

Les Tibétains et Pékin discutent officiellement depuis 2002 du statut du Tibet. La Chine a "durci" sa position en 2006, selon le dalaï lama. Il y a ensuite eu des entretiens directs et officiels à l'été 2007 suivis d'une dernière rencontre en juillet dernier, jugée décevante par les émissaires tibétains.

Le dalaï lama a renoncé depuis longtemps à l'indépendance de son pays et opté pour une diplomatie dite de la "voie moyenne". Ce fin diplomate s'est contenté jusqu'ici de revendiquer l'"autonomie culturelle" pour ce territoire annexé par la Chine en 1951.

"Frustration"

Mais aujourd'hui, "la frustration croît" chez les six millions de Tibétains face aux blocages des pourparlers, reconnaît le premier ministre du gouvernement tibétain en exil, Samdhong Rinpoche. Lors des discussions de Dharamsala, "les gens vont soulever cette question" de l'indépendance et "personne ne pourra l'empêcher", a-t-il ajouté.

Justement, de jeunes exilés tibétains amers et indépendantistes poussent depuis des mois pour une radicalisation du mouvement et menacent de déborder la vieille garde du dalaï lama.

"Nous sommes à la croisée des chemins", a tranché Tsewang Rigzin, président du Congrès de la jeunesse tibétaine. "Nous ne disons pas que la politique de la 'voie moyenne' est mauvaise, mais elle a échoué parce que la Chine fait en gros ce qu'elle veut", a-t-il lancé.

(ats)

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