Actualisé 26.04.2008 à 11:47

Le dalaï lama veut des discussions «sérieuses» avec Pékin

Le dalaï lama a salué samedi la proposition de la Chine de reprendre le dialogue pour aider à résoudre la crise au Tibet.

Mais il a souligné qu'il voulait des «discussions sérieuses» avec Pékin.

«Je n'ai pas encore reçu d'informations détaillées à propos de ce dialogue, mais de manière générale il est bon de parler», a déclaré le chef spirituel du bouddhisme tibétain, de retour à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où il vit en exil. Il rentrait d'un voyage de deux semaines aux Etats-Unis.

Le dalaï lama a déclaré vouloir «de sérieuses discussions sur la façon d'apaiser le ressentiment des Tibétains» et souhaiter «une discussion exhaustive» sur les problèmes du Tibet. Une rencontre uniquement destinée à calmer les inquiétudes de la communauté internationale n'aurait «aucun sens», a-t-il ajouté.

Vendredi, la Chine avait proposé de reprendre le dialogue avec un représentant du dalaï lama. A trois mois des Jeux olympiques (JO) de Pékin, cette annonce surprise intervient après les troubles au Tibet qui ont suscité l'indignation des pays occidentaux.

Proposition stratégique

Selon les spécialistes, la proposition chinoise s'apparente davantage à une opération de relations publiques visant au relâchement de la pression internationale.

«Il s'agit d'atténuer la campagne pro-tibétaine menée à l'approche des JO qui est devenue un sujet majeur d'inquiétude en Chine», a estimé Anand Ojha, analyste politique à l'Université de New Dehli.

Pour Andrew Fischer, spécialiste du Tibet à la London School of Economics, «la première indication du sérieux de cette invitation sera de voir si des négociateurs disposant de plus de pouvoirs que ceux ayant jusque là participé aux discussions seront envoyés pour négocier avec le dalaï lama».

L'annonce d'une reprise du dialogue a été saluée par toutes les capitales occidentales. Samedi, la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait reçu le dalai lama en septembre au grand dam de Pékin, a souhaité que ce soit «un pas important pour calmer la situation».

Nouvelles attaques

Malgré son apparente volonté de dialogue, la Chine a réitéré samedi ses attaques contre le dalaï lama, la presse officielle l'accusant d'avoir déstabilisé le Tibet.

«La clique du dalaï lama a utilisé tous les moyens possibles pour saper la stabilité et le développement du Tibet», a affirmé le «Quotidien du Peuple», l'organe officiel du Parti communiste chinois.

«Cette tentative de diaboliser Sa Sainteté ne fonctionnera pas», a réagi Thubten Samphel, porte-parole de l'exécutif tibétain en exil. La Chine «doit arrêter cette campagne (...) et s'attaquer aux vraies causes» des troubles, a-t-il ajouté.

La flamme au Japon

A Nagano, au Japon, quelques heures après le geste d'ouverture des autorités chinoises, plusieurs incidents ont émaillé le passage de la flamme olympique samedi: des centaines d'étudiants chinois ont disputé l'attention des médias aux partisans de la cause tibétaine également mobilisés sur le parcours de 18 km.

Les forces de l'ordre ont dû s'interposer entre des groupes rivaux: aux «Vive la Chine» lancés par une partie de la foule ont répondu les «Tibet libre» scandés par des activistes de l'autre bord. Plusieurs centaines de nationalistes japonais d'extrême- droite étaient en outre venus clamer leur hostilité à la Chine.

Quatre sympathisants chinois ont été blessés et trois hommes arrêtés, selon la police. Parmi eux figure un homme qui avait tenté de se mêler au relais en tenant à la main un drapeau tibétain.

Au total, plus de 3000 policiers avaient été déployés dans la ville. Les autorités japonaises souhaitaient à tout prix éviter les scènes chaotiques qui ont accompagné le passage de la flamme à Londres, Paris ou San Francisco pour ne pas assombrir la visite du président chinois Hu Jintao le mois prochain, une première en dix ans.

(ats)

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