13.06.2018 à 07:01

LausanneLe deal de rue devient un thème national

Outre des mesures annoncées par la Municipalité, et des propositions de plusieurs partis lausannois, le thème a été porté au Conseil national. Tour d'horizon des idées.

von
Pauline Rumpf
Une réglementation plus dure, une meilleure prévention, la création de places de prison ou encore des programmes d'occupation des migrants: tous les partis s'y mettent pour proposer leurs solutions.

Une réglementation plus dure, une meilleure prévention, la création de places de prison ou encore des programmes d'occupation des migrants: tous les partis s'y mettent pour proposer leurs solutions.

Keystone

Depuis quelques semaines, le deal de rue accapare les politiciens. Après l'annonce de mesures de la Municipalité de Lausanne (lire encadré), plusieurs partis apportent leur pierre à l'édifice. A Berne, plusieurs élus abordent la question sous un angle légal.

Peine d'au moins un an

L'UDC Michaël Buffat a déposé une initiative parlementaire demandant des peines d'au moins un an pour les dealers de rue. La vente dans un lieu public serait en effet considérée comme circonstance aggravante, au même titre que la vente à proximité d'une école.

«Il faut donner un signal fort, expliquer à ces gens qu'ils ne peuvent pas venir en Suisse vendre de la drogue en toute impunité», martèle le conseiller national. En toile de fond, la mesure proposée permettrait, en tout cas théoriquement, d'expulser les étrangers condamnés pour ce type d'infraction, explique-t-il.

Combattre l'offre et la demande

La socialiste Rebecca Ruiz, elle, interpelle plutôt le Conseil fédéral sur la possibilité d'utiliser un nouvel outil, les peines privatives de liberté de courte durée (maximum 3 mois), en vigueur depuis le début de l'année. «De cette façon, ils mettraient un pied en prison au moins de temps en temps», explique-t-elle. Et puisque ces réseaux sont généralement internationaux, la Vaudoise demande également quel est le travail fourni par Fedpol pour s'y attaquer.

«C'est un phénomène complexe qui dépend de nombreux facteurs», rappelle Rebecca Ruiz. Son parti, qui explique vouloir combattre l'offre et la demande, a donc fait ses propositions à Lausanne, comme intensifier la prévention ou revaloriser des programmes pour occuper les migrants. Il demande aussi que Lausanne participe au test pilote de dépénalisation du cannabis prévu dans plusieurs villes de Suisse.

20 policiers à plein temps pour lutter contre le deal de rue

La Municipalité de Lausanne a décidé de renforcer la présence policière pour lutter contre le deal de rue: dès le 15 juin, des policiers en uniforme investiront de 8h00 à 22h00 six points du centre-ville particulièrement exposés.

Le PLR n'est pas en reste: il souhaite encourager d'urgence la création de places de détention, et renforcer la prévention dans les écoles.

Manifestation contre le deal de rue.

Citoyens et personnalités se sont rassemblés à Chauderon pour exprimer leur colère face à la visibilité du deal de rue dans leur quartier.

Police plus visible

Réagissant aux demandes pressantes des riverains, la Ville de Lausanne a annoncé des mesures «en préparation depuis plusieurs mois», qui doivent débuter vendredi. Une vingtaine de policiers seront mobilisés tous les jours, de 8h à 22h dans six quartiers sensibles du centre-ville.

A défaut d'éradiquer le deal, les forces de l'ordre espèrent perturber un maximum les transactions. Ce déploiement policer servira aussi à observer les intervenants et déceler d'éventuels changements de zone, ou d'habitudes.

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