Bruxelles: Le débat sur l'euro renvoyé au G20
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BruxellesLe débat sur l'euro renvoyé au G20

Le nouveau chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a reporté lundi la discussion sur la monnaie unique.

La question de la parité de l'euro, soulevée par la France qui juge la monnaie unique trop forte, a été renvoyée au G20 par le nouveau chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Celui-ci a aussi insisté sur les efforts que doit faire Chypre contre le blanchiment d'argent afin de bénéficier de l'aide qu'elle demande.

La question du taux de change de l'euro a bien été abordée au cours de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, comme le souhaitait le ministre français Pierre Moscovici. Mais la prochaine réunion du G20, qui regroupe les principales économies développées et en développement, «s'y prête plus», a estimé M. Dijsselbloem.

«Nous avons tous convenu que ce qui comptait, c'était un message au sein des instances internationales», a affirmé M. Moscovici, en admettant que le G20 était «sans doute le bon lieu» pour parler de taux de change. Tout en insistant sur le fait qu'il fallait «se garder de toute guerre des monnaies», il a estimé que la discussion sur l'euro n'avait pas été «illégitime».

Paris tente d'ouvrir un débat sur le niveau de l'euro, qui renchérit ses exportations et risque de pénaliser ses efforts pour regagner en compétitivité.

«Dévaluations compétitives» à proscrire

Le récent assouplissement monétaire au Japon a ravivé, notamment en Europe, les craintes d'une guerre des monnaies entre grandes puissances.

A Washington, les Etats-Unis ont appelé les pays du G20 à éviter les «dévaluations compétitives» de leur monnaie afin de limiter les sources de «conflit» et de ne pas handicaper une économie mondiale encore «faible».

L'euro a gagné plus de 10% en six mois, atteignant plus de 1,37 dollar début février. Il a depuis reperdu du terrain et était lundi en fin de journée légèrement au-dessus de 1,34 dollar.

Aide à Chypre

La réunion de lundi a aussi été l'occasion d'aborder le dossier de l'aide à Chypre, qui a demandé un plan de sauvetage en juin dernier. Les décisions attendront l'issue de l'élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche.

En attendant, les ministres des Finances se sont focalisés sur la lutte contre le blanchiment d'argent dans ce pays. Une évaluation de la mise en oeuvre de la législation récemment adoptée par Nicosie pour lutter contre le blanchiment «devra être menée par une entreprise privée», et ses conclusions sont attendues pour mars, a indiqué le nouveau chef de l'Eurogroupe.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a souligné que la lutte contre le blanchiment d'argent était «une condition sine qua non» pour un plan d'aide à Chypre.

La réunion a également permis d'aborder la recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité (MES), pour laquelle «une implication du secteur privé est envisageable», a dit M. Dijsselbloem. Mais cette question, comme l'ensemble de celles concernant la recapitalisation directe, seront discutées plus en détails d'ici juin, a-t-il dit.

M. Dijsselbloem a par ailleurs été élu à l'unanimité président du conseil des gouverneurs du MES, en remplacement de son prédécesseur Jean-Claude Juncker. (ats)

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