Actualisé 04.05.2020 à 10:58

Coronavirus

L'Europe amorce timidement le déconfinement

«Enfin dehors!» : après des semaines de strict confinement, plusieurs pays européens ont amorcé lundi une reprise de leurs activités.

L'Europe, Italie en tête, a franchi lundi une nouvelle étape dans le déconfinement de ses populations mais la plus grande prudence reste de mise face au coronavirus qui a fait près de 250'000 morts dans le monde.

Un vaccin d'ici à la fin de l'année ? En pleine campagne électorale, Donald Trump a voulu faire souffler un vent d'optimisme quant à une fin possible de la pandémie qui paralyse l'économie planétaire.

Des propos immédiatement relativisés par la communauté scientifique. «Je serais ravi si c'était possible d'y parvenir en quelques mois mais je trouve qu'il nous faut rester réaliste, cela peut durer aussi des années», a résumé le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn.

7,5 milliards d'euros

Dans l'espoir de hâter le processus, l'Union européenne invite lundi à Bruxelles à une conférence mondiale de donateurs pour la recherche, avec le soutien des principaux dirigeants européens. Organisatrice de cette conférence en ligne, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, espère réunir 7,5 milliards d'euros.

C'est avec d'infinies précautions qu'une quinzaine d'Etats européens ont à leur tour entrepris lundi d'alléger les mesures de confinement imposées depuis de longues semaines à leurs habitants. Voici un point de la situation pays par pays :

Italie

Usines, chantiers et bureaux rouvrent leurs portes pour 4,5 millions d'Italiens appelés à reprendre le travail. «Je n'ai pas eu de problème sur mon train, on était juste 5-6 personnes dans mon wagon», témoigne pour l'AFP Isabella Ferrari, 61 ans, femme de ménage à Milan.

Le port du masque, dont le prix va être limité à 0,5 euro l'unité, est obligatoire dans les transports. «Je déteste ce masque, je respire mal, mais si c'est le prix à payer pour reprendre le travail... Enfin dehors! C'est ça qui compte», se félicite Massimo Moi, un opticien romain de 53 ans.

Les règles de distanciation restent en vigueur, y compris dans les parcs qui rouvrent. Les Italiens peuvent aussi rendre visite à leurs proches, à condition de porter des masques. A Rome, connue pour sa circulation infernale, «la circulation est plus soutenue, même si l'on est loin de la normalité pour un lundi matin», observe un policier Piazza Venezia, place centrale de la capitale italienne.

Le secteur manufacturier, celui de la construction et le commerce de gros pour ces filières redémarrent, de même que les bars et restaurants, mais seulement pour la vente à emporter. Leur réouverture complète aura lieu le 1er juin, tout comme celle des salons de beauté ou de coiffure. Les écoles resteront fermées jusqu'en septembre.

- Espagne

Certains petits commerces comme les coiffeurs peuvent recevoir des clients individuellement sur rendez-vous. Bars et restaurants ont le droit de vendre à emporter. Le masque est obligatoire dans les transports.

Dans certaines petites îles des Baléares et des Canaries, la plupart des magasins, les musées et les terrasses des bars et restaurants peuvent rouvrir avec des capacités limitées, de même que les hôtels sous conditions. Le reste du pays suivra le 11 mai.

- Allemagne

Les écoles rouvrent lundi progressivement dans certains Länder. Les coiffeurs lèvent le rideau, de même que les lieux de cultes et musées. Lieux culturels, bars et restaurants (sauf pour les livraisons à domicile), aires de jeu et terrains de sports demeurent fermés.

Autriche

Les restrictions de déplacement sont levées, les rassemblements autorisés jusqu'à 10 personnes, avec respect de la distanciation sociale. Le port du masque est obligatoire dans les transports et les magasins.

Les lycées ont rouvert lundi pour les classes de terminale uniquement. Lea Karner, masque en tissu sur le visage, a retrouvé ses amis devant un lycée de Vienne sous un ciel radieux: «Je suis vraiment contente parce que je peux revoir mes amis et que je peux simplement beaucoup mieux me concentrer à l'école qu'à la maison». «A la maison, nous n'avions qu'un ordinateur portable que nous partagions avec maman et mon petit frère, c'était très fatigant».

Belgique

Les entreprises qui n'accueillent pas de public on pu redémarrer. «Je suis content de pouvoir sortir de chez moi (...) J'avais un grand sentiment de lassitude, j'en avais marre du confinement», explique à la sortie du métro Schuman, dans le quartier européen, Jean-Baptiste Bernard, un architecte de 27 ans, qui sort pour la première fois depuis le début du confinement le 18 mars pour un rendez-vous de chantier.

Le masque est obligatoire dans les transports. Dans les bus, la montée se fait par l'arrière, la porte avant et le premier rang sont condamnés cpour isoler le chauffeur. Dans le métro, des panneaux lumineux rappellent le port obligatoire du masque. «Ca va pas, les enfants sont seuls à la maison, mais on est obligés de travailler pour manger», déplore une femme de ménage turque.

Sur le tram, des sièges barrés d'une croix rouge, une interdiction pas toujours respectée. Globalement, l'affluence est très réduite dans les transports en commun, contrairement à la circulation automobile, qui a repris.

Portugal

Librairies et concessionnaires automobiles ont pu rouvrir, ainsi que les commerces de moins de 200 m2. Les salons de coiffure et d'esthétique peuvent recevoir sur rendez-vous. Dans les transports publics, le masque est obligatoire.

Hongrie Hors Budapest, réouverture des terrasses de café et restaurants, des plages et bains publics. Masque obligatoire dans les transports et les magasins.

Pologne

Rouvrent les hôtels, centres commerciaux ainsi qu'une partie des institutions culturelles, dont des bibliothèques et certains musées. A Varsovie, les Polonais sont assez nombreux à se précipiter - tous masqués, obéissant à la consigne des autorités - vers les galeries commerciales.

- Pays nordiques

En Islande, les universités, musées et salons de coiffure ont rouvert. Le Danemark et la Norvège, en régime de «semi confinement», ont été parmi les premiers pays européens à alléger leurs restrictions.

Balkans

En Croatie, les commerces impliquant un contact rapproché avec le client, comme les coiffeurs, rouvrent. En Serbie, ce sont les cafés et restaurants qui rouvrent, mais avec distanciation sociale. Les transports publics redémarrent, avec port du masque obligatoire. Le couvre-feu est maintenu.

Nebojsa Marovic, un musicien 42 ans, prend le soleil sur la terrasse de son café préféré dans le centre de Belgrade pour la première fois depuis plus d'un mois: «Je n'aurais jamais imaginé qu'une telle petite chose m'apporterait autant de plaisir. Cette épidémie m'a fait réaliser que ce sont précisément ces petites choses, que l'on prend trop souvent pour acquises, qui rendent la vie si précieuse».

En Slovénie, ont rouvert terrasses de café et restaurants, coiffeurs, musées, librairies. Le masque est obligatoire dans les lieux publics fermés, les transports et les magasins.

En Bulgarie, après la réouverture des parcs et jardins publics, les randonnées sont autorisées depuis dimanche. «Il était grand temps qu'on nous laisse sortir pour respirer! Notre fils était fou de joie: il gambadait et chantait Virus, Virus, tu es fini », se réjouit Elka Hristova, 39 ans, consultante.

Grèce Les librairies, les papeteries, les magasins d'équipements sportifs, les électriciens, les coiffeurs, les centres d'esthétique, les fleuristes et pépinières ont rouvert. Evanthia Voglis, femme de ménage, a repris le métro pour la première fois depuis le 23 mars. Avec un masque et des gants en plastique, elle estime «avoir pris ses précautions». «Nous étions peu nombreux dans les rames du métro. Beaucoup de gens ont encore peur et ne se déplacent pas en transport en commun».

«Seulement 10% de la population a vraiment repris le travail. Les Athéniens se baladent aujourd'hui car ils sont surtout épuisés par le confinement. Ce n'est pas sûr qu'ils aillent faire pour autant des emplettes, car il ne faut pas oublier que plusieurs personnes ont été mises en chômage partiel ces derniers mois et n'ont ni le moral ni les moyens de faire du shopping!», constate Nikos Kontos, propriétaire d'un magasin d'équipements électriques.

Chypre

Les rues de Nicosie ont retrouvé undi un semblant de normalité pour la première fois depuis un mois et demi, avec beaucoup plus de trafic, et même quelques embouteillages. Quelques files d'attente étaient visibles devant les quelques commerces ayant commencé à rouvrir. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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