France: Le décret sur la fermeture de Fessenheim est publié

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La centrale nucléaire de Fessenheim, beaucoup décriée, sera bel et bien fermée dans les prochaines années.

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim est désormais une question de temps.

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim est désormais une question de temps.

AFP

Le décret du gouvernement français sur la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, a été publié dimanche au Journal officiel. Cette fermeture dépendra toutefois de la mise en service d'un nouveau réacteur en Normandie, prévue au plus tôt en 2019.

Situé sur le site de Flamanville (département de la Manche), ce nouveau réacteur européen à eau sous pression (EPR) ne devrait pas entrer en service avant 2019. La date prévue de sa mise en route a déjà été retardée à plusieurs reprises.

Précisément, le décret, publié par la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal, porte sur l'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim. «L'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim (...) est abrogée», prévoit l'article 1 du texte, qui précise toutefois que cette autorisation sera abrogée «à compter de la date de mise en service de l'EPR de Flamanville».

Promesse phare de François Hollande

Ségolène Royal avait assuré vendredi que le décret, promesse phare du président François Hollande, serait pris d'ici la fin du mandat de ce dernier. Elle a qualifié le processus d'«irréversible». «Le décret sur la fermeture de la centrale de #Fessenheim est signé et publié ce matin au JO. C'est dit c'est fait #transitionenergetique», a déclaré dimanche Ségolène Royal sur Twitter.

Le conseil d'administration d'EDF (Electricité de France, exploitant de la centrale) a toutefois obtenu un nouveau délai à l'issue d'une réunion mouvementée jeudi. Ainsi, la demande officielle d'abrogation de l'autorisation d'exploiter la doyenne des centrales françaises ne sera transmise à l'Etat par l'énergéticien que dans les six mois précédant la mise en service de l'EPR de Flamanville.

Le décret précise en outre que la capacité nucléaire du parc de production d'EDF devra respecter la limite de 63,2 gigawatts (GW), soit son niveau actuel, plafond fixé par la loi sur la transition énergétique. Il reprend là aussi les conditions mentionnées par la délibération du dernier conseil d'administration d'EDF.

Réduire le nucléaire à 50%

Située sur une faille sismique dans l'est de la France près des frontières avec la Suisse et l'Allemagne, la centrale, en service depuis 1977, suscite depuis des années l'inquiétude, notamment des écologistes. Les deux Bâle et le Jura demandent aussi la fermeture de Fessenheim depuis 2011, à la suite de la catastrophe de Fukushima.

Le nucléaire est la première source de production d'électricité en France, avec une part d'environ 75%. Une loi votée en 2015 prévoit de réduire cette part à 50% à l'horizon 2025. (nxp/ats)

Les critiques pleuvent

Le décret n'est guère du goût des syndicats et des mouvements anti-nucléaires. Tous deux évoquent «un enfumage».

Les syndicats dénoncent une opération de communication préjudiciable aux salariés. La centrale compte environ 2000 emplois directs et indirects. La ministre de l'écologie et de l'énergie Ségolène Royal a pourtant affirmé que sa fermeture n'entraînera «aucune suppression d'emplois par l'exploitant de la centrale EDF» car, selon elle, «un vaste chantier industriel de démantèlement va pouvoir démarrer».

«C'est un enfumage complet de la part de Mme Royal», a réagi dimanche Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la Fédération Mines Energie de la CGT. Même son de cloche du côté du secrétaire général du syndicat CFE Energies d'EDF, William Viry-Allermoz, qui dénonce «une précipitation purement électoraliste» et juge que «la ministre a touché le fond de la cuve».

La critique est aussi acerbe du côté des écologistes. «L'enfumage continue», a commenté Martial Château, du réseau d'opposants à l'atome Sortir du nucléaire, considérant que le fait de lier la fermeture de Fessenheim non seulement au démarrage de l'EPR de Flamanville mais aussi au plafonnement du parc nucléaire permettra à EDF de remettre en cause «sans difficulté» cette fermeture.

Par ailleurs, certains syndicats et associations remettent en cause le fondement juridique même du décret car en le publiant, arguent-ils, le gouvernement français n'a pas attendu la demande officielle d'abrogation qui doit normalement lui être transmise par EDF dans les six mois précédant la mise en service de l'EPR de Flamanville, en vertu du délai obtenu jeudi par l'énergéticien.

Accueil favorable de Bâle

La publication dimanche du décret du gouvernement français annonçant la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim réjouit les autorités bâloises. La région en bénéficiera du point de vue de la santé et de la sécurité.

La nouvelle a reçu un premier accueil favorable à Bâle. «Si la fermeture de Fessenheim se confirme, on ne peut que la saluer», a indiqué dimanche à l'ats le ministre bâlois de la santé Lukas Engelberger (PDC). Ce dernier a toutefois précisé n'avoir pas encore eu l'occasion de parcourir le décret signant la fermeture du site.

«C'est une bonne nouvelle pour la santé et la sécurité de la région», a-t-il encore indiqué. Avant d'ajouter: «Reste à attendre maintenant la mise en oeuvre» de ce décret.

(NewsXpress)

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