Genève: «Le décrochage d'au moins 700 jeunes a été évité»
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Genève«Le décrochage d'au moins 700 jeunes a été évité»

La conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta a tiré un premier bilan du tout nouveau dispositif «Formation obligatoire jusqu'à 18 ans».

par
Jérôme Faas
Anne Emery-Torracinta, conseillère d'Etat socialiste chargée du Département de l'instruction publique.

Anne Emery-Torracinta, conseillère d'Etat socialiste chargée du Département de l'instruction publique.

Keystone

«Au minimum, le dispositif FO18 (formation obligatoire jusqu'à 18 ans) a permis de conserver dans le système au moins 700 jeunes qui, autrement, seraient restés sur le carreau.» Anne Emery-Torracinta, la conseillère d'Etat chargée de l'Instruction publique, a tiré ce mardi un premier bilan de cette particularité genevoise entrée en vigueur à la rentrée. «Nous sommes une sorte de laboratoire, puisque nous sommes le seul canton à avoir introduit la formation obligatoire jusqu'à la majorité.»

Après quelques mois, la socialiste affiche sa satisfaction. L'objectif de FO18 est double: augmenter le taux de jeunes gens au bénéfice d'un diplôme (aujourd'hui de 85% à Genève), et limiter le nombre de décrochages. Pour les titres obtenus, le manque de recul empêche de mesurer les bienfaits du dispositif. Pour les décrochages, en revanche, il semble déjà déployer ses effets. «Chaque année, 1300 jeunes de 15 à 25 ans décrochent, dont 550 mineurs, rapporte la conseillère d'Etat. Notre but consistait à les maintenir en formation, et à y remettre les 340 mineurs qui avaient déjà quitté le système lors de l'année scolaire précédente.»

Des entretiens avec 800 jeunes

Autrement dit, potentiellement, 890 mineurs étaient concernés par FO18 à la rentrée 2018. «Ça a été un immense travail. L'enseignement secondaire II a rencontré 800 jeunes et leurs familles. A la rentrée, il n'en restait que 180 pour lesquels une solution interne au Département de l'instruction publique (DIP) n'avait pas été trouvée.»

Les autres ont été intégrés à l'offre pré-qualifiante mise sur pied dans le cadre de FO18: des classes préparatoires, des classes préprofessionnelles, des stages, des modules de remobilisation, etc. 407 places avaient été ouvertes dès la rentrée, et un total de 769 ont été attribuées durant l'année. «Le problème est qu'un certain nombre de jeunes n'ont pas le niveau pour entrer directement en formation qualifiante», explique Anne Emery-Torracinta. Il faut donc une offre intermédiaire et à la carte pour repêcher les retardataires et les remettre à flot.

Collaboration prévue avec les entreprises

Après cette première étape, qui consistait à trouver des solutions à l'intérieur du DIP (ce qui a nécessité la création de 88 postes de travail), ce dernier s'attaque au deuxième étage de la fusée: les collaborations avec des partenaires externes, notamment des entreprises.« On ne peut pas faire sans le monde professionnel, juge Anne Emery-Torracinta. L'idée, c'est que les sociétés mettent à disposition des places de stages, et que nous fournissions l'encadrement.» Pour l'heure, une quinzaine d'entreprises sont intéressées. Trois tests devraient être menés à la rentrée, concernant une vingtaine de jeunes. D'ici deux ou trois ans, le DIP espère que l'offre pourra en intégrer deux cents.

Le vrai bilan dans quatre ou cinq ans

La conseillère d'Etat, satisfaite des débuts de FO18, est consciente de n'être qu'au milieu du gué. «On ne peut pas régler les problèmes de la société en six mois, ni en un an ou un an et demi. Il faut plusieurs années. Il y aura une réussite quand on verra le taux de certification augmenter comme celui du décrochage diminuer. Est-ce que les jeunes qui restent dans le système tiennent jusqu'au diplôme? Il faudra 4 ou 5 ans pour pouvoir faire un vrai bilan.»

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