Actualisé 10.11.2012 à 12:29

Vendée Globe

Le départ, un moment redouté par tous

Samedi à 13h02 sera donné le départ du tour du monde en solitaire. Les vingt monocoques de 60 pieds s'élanceront du port vendéen des Sables d'Olonne.

de
J.-Ph. .Pressl-Wenger, Les Sables d'Olonne
Il est temps, pour les vingt aventuriers et leurs bateaux, de quitter le ponton de Port-Olonna.

Il est temps, pour les vingt aventuriers et leurs bateaux, de quitter le ponton de Port-Olonna.

Avant de se rendre dans la zone de départ, les vingt bateaux paraderont tour à tour dans le chenal qui mène à l'océan. Devant des dizaines de milliers de spectateurs, les marins feront leurs adieux. Les quelques minutes avant le coup de canon qui libérera les Formules 1 des mers constitueront un pic d'adrénaline pour les concurrents. Le moment est crucial et redouté.

«C'est le moment le plus dangereux du Vendée Globe, a asséné Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat). On doit vraiment gérer beaucoup d'informations diverses et c'est dangereux. En plus nos bateaux ne sont pas faits pour cet exercice là, a encore détaillé le Vaudois établi en Bretagne, ils sont chargés pour assurer 3 mois d'autonomie en mer. Ce sont des engins puissants qui sont construits pour être manipulés au large, seul. On ne fait pas de la régate entre trois bouées avec ces bateaux-là, chargés comme ils le sont. Et pourtant, c'est ce qu'on va faire au départ. Nos bolides ont 4m50 de tirant d'eau, ce n'est pratique qu'au large!»

De son côté, Dominique Wavre (Mirabaud) a préféré s'attarder sur la météo. «On devrait avoir un vent d'Ouest d'environ 18 nœuds. Je me prépare donc à devoir tirer des bords au pré, analyse le Genevois. Mais ensuite, le Golfe de Gascogne devrait faire moins de dégâts que lors de la dernière édition.» En 2008, Wavre avait dû faire demi-tour très vite en raison d'un problème électrique.

Le public aussi pourrait gêner

Durant le dernier briefing des skippers, tenu vendredi en matinée, la problématique du départ a longuement été évoquée. Le Français Vincent Riou a notamment averti la direction de course des problèmes qui pourraient survenir. «Il est possible que dès la ligne de départ franchie, certains d'entre nous virent directement vers le Nord, soit dans la masse des bateaux suiveurs, a détaillé le pilote de PRB. Il faut que les bateaux sur lesquels se trouvent le public soient mis au courant, histoire qu'ils ne soient pas surpris au moment où cela se passe. J'ai vécu ça à Barcelone et ce n'est pas idéal.»

Pour tous, le départ revêt une double signification : l'excitation d'enfin se lancer dans la course, et le soulagement de quitter la fatigante effervescence des pontons. «Le départ lui-même ressemble à celui d'une régate du soir. Il y a un décompte, on doit rester très concentré, se placer au bon endroit et ne pas taper d'autres bateaux, a imagé Bernard Stamm. Quand ça part, là c'est le soulagement qui prend le dessus, oui. Avant d'embarquer pour de bon, il y a beaucoup de gens qui viennent vous dire au revoir et ça n'aide pas vraiment à se concentrer. Il faut savoir faire abstraction de beaucoup de choses.»

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