Catastrophe ferroviaire: Le déraillement provoqué par une pièce d'aiguillage

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Catastrophe ferroviaireLe déraillement provoqué par une pièce d'aiguillage

Une pièce de métal défaillante dans l'aiguillage de la voie sur laquelle circulait le train en gare de Brétigny-sur-Orge serait à l'origine du déraillement du Paris-Limoges vendredi.

«L'éclisse», sorte d'agrafe qui relie deux rails, «s'est désolidarisée, elle s'est détachée, elle est sortie de son logement», a détaillé Pierre Izard, directeur général des infrastructures de la SNCF. Elle «est venue se loger au centre de l'aiguillage et, à cet endroit, elle a empêché le passage normal des roues du train et aurait provoqué le déraillement du train», a-t-il ajouté.

Immédiatement après l'accident, des témoignages de voyageurs semblaient mettre en cause l'aiguillage, à 200 mètres en amont de la gare.

Dans ce contexte, la SNCF va contrôler les 5000 pièces semblables de son réseau. «Les raisons de la désolidarisation de cette éclisse du rail est l'objet même» des enquêtes judiciaire et techniques en cours, a déclaré le patron de la SNCF, Guillaume Pepy. «La SNCF se considère comme responsable. Elle est responsable de la vie de ses clients», a-t-il dit.

Obsolescence des infrastructures

Son ministre de tutelle, Frédéric Cuvillier, a cité l'obsolescence des infrastructures ferroviaires françaises: «le constat est sévère avec une dégradation ces dernières années, faute de moyens consacrés aux lignes classiques.»

L'aiguillage a pourtant fait l'objet d'un contrôle de sécurité le 4 juillet, selon la SNCF. Une demi-heure avant la catastrophe, un autre train est passé sans qu'aucune anomalie ne soit relevée. Quant aux wagons et à la locomotive, ils étaient «à jour de toute vérification».

Les autres pistes semblent écartées, notamment celle d'une fragilisation de la structure liée à des travaux récents dans la zone et surtout celle de l'erreur humaine. Le train, qui transportait 385 voyageurs, roulait à 137 km/h, sous les 150 km/h autorisés.

Neuf personnes gravement blessées

Selon des sources proches de l'enquête, les victimes seraient un couple d'octogénaires, trois hommes de 19, 23 et 60 ans et une jeune femme dont l'âge n'a pas été spécifié. Parmi ces victimes, des personnes sont originaires d'Etampes, dans l'Essonne, et du Limousin.

Certaines se trouvaient sans doute dans le train et d'autres sur le quai quand le train a déraillé à 17h14. En outre, neuf personnes sont gravement blessées, dont deux ont un pronostic vital engagé, d'après le Samu de Paris.

Samedi à la mi-journée, les autorités laissaient entendre que le bilan pourrait ne plus beaucoup évoluer. Mais elles restaient prudentes avant que les trois voitures du Paris-Limoges qui se sont couchées ne soient enlevées des voies de la gare à l'aide d'une grue arrivée en début d'après-midi. Les opérations devaient durer jusque dans la soirée.

Violence inouïe

Les voyageurs rescapés et les témoins s'accordaient à décrire la violence inouïe de la catastrophe. Des morceaux de ballast ont été retrouvés dans la ville, a raconté le maire PS de Brétigny, Bernard Decaux. Le toit de la gare et un quai de béton ont été défoncés, des voyageurs ont été éjectés, d'autres ont évoqué des «images de guerre» ou «un jeu de massacre».

L'accident a des conséquences sur le trafic ferroviaire. Certains tronçons du RER C vont être perturbés pendant plusieurs jours. Samedi, la gare d'Austerlitz restait partiellement paralysée en période de départs en vacances.

Le trafic devrait «progressivement» reprendre dans deux à trois jours, a indiqué un porte-parole de l'opérateur ferroviaire qui invite les voyageurs à toutefois reporter leur voyage. (ats)

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