Actualisé 16.10.2008 à 07:59

Obama donné gagnantLe dernier débat tourne à l'aigre

Alors qu'il devait être consacré à la politique intérieure, le troisième et dernier débat entre les deux candidats démocrate et républicain à la Maison Blanche a rapidement pris un ton personnel.

Le candidat républicain John McCain, est passé à l'offensive lors du dernier débat télévisé avant la présidentielle du 4 novembre. Mais, selon un sondage éclair de CNN, son adversaire démocrate Barack Obama a remporté ce 3e débat, comme il avait déjà gagné les deux précédents.

Selon le sondage de CNN diffusé à l'issue du débat, 58% des téléspectateurs ont trouvé que M. Obama l'avait emporté. Seuls 31% ont estimé que c'était M. McCain. En outre, 70% d'entre eux ont trouvé Obama plus sympatique que son adversaire, contre 22% pour McCain.

Offensive

Le candidat républicain, pour lequel ce débat était la dernière chance d'inverser la tendance, est passé à l'offensive. Il a attaqué pêle-mêle son rival sur la politique fiscale, le ton de sa campagne et ses relations avec l'ancien extrémiste William Ayers, un ancien militant d'extrême gauche des années 1960, présenté par les républicains comme un «terroriste».

Barack Obama a aussitôt répliqué: «M. Ayers n'est pas impliqué dans ma campagne, il n'a jamais été impliqué dans ma campagne, et ne sera pas à la Maison Blanche».

Pas Bush

M. McCain a aussi reproché à Obama de l'assimiler trop souvent dans ses critiques au président George W. Bush. «Sénateur Obama, je ne suis pas le président Bush. Si vous vouliez vous opposer au président Bush, il fallait vous présenter il y a quatre ans», a-t-il dit.

«Si je confonds par erreur votre politique et celle de George Bush, c'est parce que sur les problèmes économiques essentiels qui intéressent le peuple américain, sur la politique fiscale, la politique énergétique, les priorités de dépenses, vous avez été un fervent partisan du président Bush», a rétorqué M. Obama.

Impôts

La première partie du débat a été consacrée aux programmes des deux candidats en matière d'impôts. John McCain a immédiatement sorti ses griffes.

«Vous ne dites pas la vérité aux Américains» sur la fiscalité, a lancé M. McCain à son adversaire dès le début de leur échange. Le sénateur de l'Arizona a affirmé que la «distribution des richesses», prônée selon lui par M. Obama, revenait à déclencher «une guerre des classes».

Il a notamment critiqué les propositions de hausse des impôts du candidat démocrate pour les contribuables gagnant plus de 250 000 dollars par an. Selon lui, de telles mesures risquent de nuire aux petits entrepreneurs, à l'instar de «Joe le plombier», un entrepreneur de l'Ohio rencontré récemment par Barack Obama.

Pourquoi

«Pourquoi voulez-vous augmenter les impôts de tout le monde aujourd'hui?», a demandé McCain. «Nous devons encourager les entreprises.»

Obama a rétorqué que son programme prévoyait une réduction d'impôts pour 95% des Américains. Seule une poignée de contribuables les plus aisés seraient concernés par une hausse des prélèvements.

«Nous voulons tous deux diminuer les impôts», a déclaré le sénateur de l'Illinois. «La différence est au profit de qui nous voulons diminuer les impôts.»

Négatifs

Les deux hommes se sont accusés mutuellement de mener des campagnes électorales négatives. «100% de vos campagnes télévisées sont négatives, John, c'est absolument vrai», a lancé M. Obama. «Mais maintenant, je pense que les Américains sont moins intéressés par nos blessures morales durant la campagne que par les questions qui les affectent si profondément», a-t-il ajouté.

Le débat qui se déroulait à l'université Hofstra, à Hempstead, dans la banlieue de New York, était considéré comme la dernière chance pour John McCain d'enrayer la dynamique de son rival.

A 20 jours de l'élection présidentielle du 4 novembre, M. Obama possède un avantage de 9 à 14 points dans les intentions de vote, selon différents instituts de sondage. (ats)

Joe le plombier

John McCain s'est adressé à «Joe le plombier», en souhaitant ne pas augmenter ses impôts. «Avec Obama, Joe, c'est ta richesse qui sera redistribuée», a prévenu le candidat républicain.

Barack Obama a souligné leur divergence sur ce point. Selon lui, son adversaire veut privilégier les riches, tandis que lui propose des réductions d'impôts pour 95% des Américains. Les baisses d'impôts doivent servir à créer des emplois, pour le démocrate.

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