Liberia: Le développement du pays menacé par Ebola
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LiberiaLe développement du pays menacé par Ebola

L'activité du Liberia tourne au ralenti depuis que le virus Ebola a frappé le pays.

Tous les objectifs de développement économique du Libéria sont menacés par la fièvre hémorragique Ebola, a averti mardi à Genève le ministre libérien de l'industrie et du commerce, Axel Addy. L'activité a fortement ralenti, en particulier dans les mines.

«Nous vivons dans un état de peur. Nous avons besoin de votre aide», a-t-il lancé lors d'une conférence de presse. Avec plus de 3500 cas et 2000 morts, le Libéria est le pays d'Afrique de l'Ouest le plus touché par Ebola. «Si l'épidémie continue, tous nos objectifs de développement seront menacés», a-t-il prévenu.

Axel Addy a expliqué que les revenus du pays avaient déjà baissé au début de l'année en raison de la diminution des prix du caoutchouc et du minerai de fer, ses principales exportations. L'épidémie a précipité ce déclin.

Les expatriés sont partis

«L'activité minière a fortement ralenti en raison de l'Ebola. Beaucoup d'experts et d'expatriés ont quitté le pays», a déclaré M. Addy.

Dans le secteur agricole, la production alimentaire a diminué, notamment dans le comté de Lofa, le grenier du pays. En outre, les prix à l'importation du riz ont augmenté, les importateurs devant payer des primes d'assurance plus élevées et prendre des précautions dans les ports.

«Dans le secteur de l'hôtellerie, la situation est dramatique. Les hôtels ne sont plus occupés qu'à 5% de leur capacité», a affirmé le ministre libérien. La réduction du trafic aérien entrave le commerce. Onze compagnies aériennes volaient sur Monrovia, elles ne sont plus que deux, a-t-il indiqué.

Croissance ralentie

Les autorités avaient prévu l'an dernier un taux de croissance de 8% en 2014, pour le réviser à 5,9% au début de l'année à la suite de la chute des cours des matières premières. Désormais, elles ne prévoient plus qu'une hausse du Produit intérieur brut (PIB) de 2,5%, a précisé le ministre.

Il a expliqué que ce sont les habitudes traditionnelles des Libériens qui ont «créé une autoroute» pour le virus Ebola. «La crémation des corps était inconnue au Libéria. Les gens ont l'habitude de soigner eux-mêmes les malades et de les enterrer», a déclaré le ministre.

«Nous sommes toujours en train de nous battre contre ces habitudes culturelles. Les nouveaux centres de traitement qui sont ouverts sont remplis immédiatement, nous sommes lancés dans une course contre la montre», a-t-il dit. Il a appelé à une «réponse plus rapide» de la communauté internationale. (ats)

Quarantaine au Texas

Un Américain qui pourrait avoir contracté Ebola a été placé en quarantaine dans un hôpital de Dallas au Texas, ont indiqué les responsables hospitaliers.

«Au regard des symptômes et des récents voyages effectués par ce patient, nous l'avons admis à l'hôpital et placé en quarantaine pour déterminer s'il y a été infecté par le virus Ebola», précise un bref communiqué du Texas Health Presbyterian Hospital.

L'hôpital attend les résultats d'analyses effectuées par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) qui devraient être connus dans la journée mardi, a par ailleurs dit à l'AFP un porte-parole de l'hôpital.

L'hôpital n'a pas indiqué l'identité du patient ni son âge et où il aurait pu être infecté.

Dimanche, un médecin américain en contact avec le virus Ebola en Sierra Leone a été rapatrié et placé en quarantaine dans une clinique des Instituts américains de la santé (NIH).

Le patient dont l'identité n'a pas été révélée travaillait comme volontaire dans un centre de traitement d'Ebola en Sierra Leone.

Deux médecins américains et une missionnaire aide-soignante rapatriés aux Etats-Unis après avoir contracté le virus au Liberia ont été dernièrement guéris.

L'épidémie d'Ebola, la plus grave depuis l'apparition du virus en 1976, a franchi le cap des 3.000 morts, le virus ayant tué près de la moitié des quelque 6500 personnes infectées recensées, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sur un total de 6574 malades d'Ebola dans cinq pays d'Afrique d'Ouest, 3093 sont mortes, précise l'OMS dans un dernier bilan arrêté au 23 septembre.

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