Affaire Kadhafi: Le DFAE a offert des concessions, en vain
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Affaire KadhafiLe DFAE a offert des concessions, en vain

L'arrestation du fils Kadhafi à Genève en juillet 2008 continue de faire des remous.

Lors du Forum de Davos en janvier dernier, le DFAE a admis auprès de la Libye que la police genevoise avait agi de manière trop intempestive. Cette concession n'a apparemment pas suffi au Guide libyen.

La Libye reproche aux autorités suisses d'avoir violé une convention internationale en interpellant Hannibal Kadhafi et son épouse dans un hôtel genevois. Le couple faisait l'objet d'une plainte de deux domestiques pour maltraitance.

Lors du Forum de Davos, la cheffe de la diplomatie suisse Micheline Calmy-Rey a rencontré un autre fils du leader libyen, Saif al-Islam Kadhafi, pour trouver une issue à ce différend. Elle lui a soumis un Memorandum d'entente, selon la NZZ an Sonntag.

«Nous avons reconnu dans ce document que les méthodes de la police genevoise manquaient de tact dans l'application des règles de courtoisie internationales», a déclaré la cheffe de la diplomatie suisse Micheline Calmy-Rey, interrogée par la RSR dimanche soir.

Mouammar Kadhafi pas satisfait

La conseillère fédérale a cependant ajouté que le texte précisait aussi que l'intervention des policiers était légale. Le Memorandum évoquait également la possibilité que les policiers suivent un cours de diplomatie afin que ce type d'incident ne se reproduise plus.

«Ce papier a été accepté, semble-t-il par le premier ministre (libyen ndlr.) et M. Saif al-Islam Kadhafi, mais pas par le Leader, de sorte que le papier n'est plus d'actualité», a déclaré la conseillère fédérale. «Les discussions avec la partie libyenne continuent», a-t-elle ajouté, précisant que ces pourparlers restaient «difficiles».

Excuses exigées

Tripoli exige des excuses de la part des autorités helvétiques. En attendant, la Libye interdit toujours à deux ressortissants suisses de quitter son territoire.

Une commission paritaire helvético-libyenne avait été mise en place pour élucider les circonstances de l'incident de juillet. Selon le rapport du coprésident suisse, le professeur Lucius Caflisch, la police genevoise a respecté la loi mais aurait effectivement usé de moyens «excessifs».

(ats)

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