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GrèceLe diagnostic du FMI nié par Bruxelles et Athènes

Pour l'institution financière, les objectifs assignés par la zone euro à Athènes semblent «démesurément optimistes».

Euclid Tsakalotos, le ministre des Finances grecques, à Bruxelles. (27 janvier 2017)

Euclid Tsakalotos, le ministre des Finances grecques, à Bruxelles. (27 janvier 2017)

AFP

Les objectifs assignés par la zone euro à la Grèce semblent «démesurément optimistes» et risquent d'avoir de «graves répercussions» sur la croissance du pays, a prévenu le FMI dans un rapport alarmiste. Le document est contesté et par Bruxelles et par Athènes.

C'est un des noeuds du désaccord entre Bruxelles et le FMI: en accordant leur plan d'aide à l'été 2015, les Européens et Athènes se sont mis d'accord sur l'objectif d'un excédent primaire (hors charge de la dette) à 3,5% du produit intérieur brut dès 2018 et pendant les dix années suivantes.

Dans son rapport annuel sur l'économie grecque, le FMI réaffirme son scepticisme. Il juge que les «mesures sous-jacentes» censées permettre d'atteindre cet objectif semblent «excessivement optimistes».

«Peu de pays ont réussi à maintenir des excédents aussi élevés pendant de longues périodes et encore moins y sont parvenus avec un taux de chômage à deux chiffres» comme la Grèce, écrit dans son rapport le FMI qui privilégie un excédent de 1,5%.

«Reprise économique solide»

Le ministre grec des finances a toutefois contesté les conclusions du FMI. Il a assuré qu'elles ne «rendaient pas justice» à son pays en ne reflétant pas ses «récentes évolutions». La Grèce «se dirige vers une reprise économique solide», a écrit Euclid Tsakalotos dans une lettre publiée en annexe du rapport où il assure que son pays peut arriver à un excédent supérieur à 1,5%.

«Après des années de récession prolongée, des premiers signes de croissance robuste, de taux de chômage en baisse et de confiance croissante dans le pays ont commencé à apparaître», affirme-t-il.

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a lui aussi assuré que le rapport du FMI était dépassé et qu'il ne reflétait pas l'amélioration actuelle de la situation en Grèce. Quant à la Commission européenne, elle a balayé les critiques du FMI en assurant mardi que les objectifs de son programme étaient «crédibles».

Le FMI prévoit, certes, un rebond de croissance de 2,7% cette année en Grèce, mais assure qu'un excédent de 3,5% pourrait seulement fonctionner pendant un «nombre limité d'années» et à la condition de mettre en oeuvre des réformes structurelles de «haute qualité», a expliqué le chef de son département Europe, Poul Thomsen, tout en lançant une mise en garde. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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