Actualisé 24.11.2009 à 16:52

Supporters violents«Le dialogue, c'est la seule mesure efficace»

Après les violents incidents qui ont éclaté lors du match de Coupe entre Zurich et Bâle vendredi dernier, le FCZ a décidé de ne plus vendre de billets à ses fans pour les matches à l'extérieur. Sion et Neuchâtel sont sceptiques.

de
Catherine Muller

Dans un communiqué publié lundi, le FC Zurich condamne avec force les violences commises à l'intérieur et à l'extérieur du Parc St-Jacques, lors du 8e de finale de la Coupe de Suisse entre Bâle et Zurich vendredi dernier (ndlr: victoire de Bâle 4-2). «Jusqu'à nouvel avis», le FCZ ne vendra plus aucun billet à ses supporters pour les matches à l'extérieur. C'est la première fois en Suisse qu'un club prend une telle mesure. D'autre part, pour les matches à domicile classés «à hauts risques», les secteurs réservés aux supporters adverses resteront fermés.

«Un climat de confiance, mais aussi de respect»

Interrogé sur cette sanction, le responsable de la sécurité du FC Sion Patrick Schaller se veut mitigé. Sans porter de jugement, il est d'avis «qu'à long terme, ce n'est pas une bonne solution». «Et puis, ça ne fait que déplacer le problème. Même sans billets, les fans se rendront quand même à Berne ou à St-Gall, et ils privilégieront alors des zones comme le centre-ville».

A Sion, depuis maintenant plusieurs saisons, c'est d'abord le dialogue avec les supporters qui est prôné. «C'est la seule mesure qui nous semble vraiment efficace», poursuit Patrick Schaller. Le choix des personnes en charge de l'encadrement des supporters est également primordial, selon le responsable de la sécurité. «Il est important qu'ils proviennent du sérail, voire qu'ils aient eux-mêmes un passé de supporters. Cela permet d'instaurer un climat de respect, mais aussi de confiance». «A Zurich ou à Bâle, poursuit Patrick Schaller, les fans sont encadrés par des agents de sécurité. Ces derniers ont déjà été victimes d'attaques».

Même s'il déplore cette violence présente dans le milieu du football, Patrick Schaller est bien conscient qu'on a d'abord affaire à des pseudo-supporters. «Certains ne connaissent même pas le nom d'un seul joueur de l'équipe qu'ils sont censés supporter, c'est dire», conclut le responsable.

Scepticisme également à Neuchâtel

Directeur administratif de Neuchâtel Xamax, en charge de la sécurité, Philippe Salvi se montre également sceptique. «Les violences se déroulent désormais davantage à l'extérieur des enceintes. Priver les supporters de billets n'est donc pas une solution qui va permettre de résoudre le problème». Avant d'ajouter que le prochain match à l'extérieur du FCZ aura lieu à... Grasshopper, le 5 décembre lors de la 18e journée. «La situation risque d'être particulièrement problématique», prévient-il.

A l'instar de Patrick Schaller, Philippe Salvi préfère favoriser le dialogue avec les fans. «Il y a quatre ans, nous avons signé une charte de collaboration avec nos supporters. Le but est d'arriver à un respect mutuel».

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