Actualisé 29.03.2017 à 14:14

Genève

Le diamantaire agressé et dévalisé avait tout inventé

Soi-disant délesté de plusieurs pierres précieuses, un homme est passé aux aveux des années plus tard. Son récit est digne d'un roman policier.

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Keystone/str

Un homme casqué avait pénétré dans sa voiture arrêtée à un feu rouge, à Möchengladbach en Allemagne. Il l'avait aspergé d'un spray irritant puis s'était enfui avec une valise contenant des pierres précieuses d'une valeur d'environ 3 millions de francs. C'est l'histoire qu'avait raconté D., employé d'un diamantaire genevois, en 2013. La vérité est tout autre.

Le fait divers qui avait fait la «une» des journaux, à l'époque, n'a jamais existé. Le joaillier a menti. Mais il est passé aux aveux l'an dernier et devrait rendre des comptes à la justice avant l'été, révèle la «Tribune de Genève».

Axe germano-thailandais

En 2013, D. revient à Genève après sa fausse agression et cache les pierres précieuses dans une forêt et des caves à Ambilly et Carouge. Peu après, il est tout de même arrêté et condamné... Mais pour un autre vol de diamants, dans l'entreprise de son patron cette fois. Une fois achevée sa détention provisoire, l'homme s'envole pour la Thaïlande. Il y passe deux ans et finance son train de vie grâce à une partie des pierres dérobées dans le faux braquage de Möchengladbach.

Son ex-patron se méfie pourtant. Il pense que D. a orchestré le vol en Allemagne et le fait suivre à Bangkok. Bingo! Son ancien employé est découvert en possession d'une partie du butin allemand. Le joaillier indélicat est arrêté. Puis, coup de théâtre: il affirme que son propre frère lui a volé une partie des pierres précieuses. Le frère est interpellé et avoue.

La main dans le sac, encore une fois

Fin de l'histoire? Pas encore... Une fois ses aveux recueillis l'été passé, D. est relâché mais mis sur écoute et suivi. Bonne idée de la police, puisque le diamantaire tente dans la foulée de vendre pour 400'000 fr. de pierres précieuses sur la place du Bourg-de-Fourg. L'acheteur est en fait un agent infiltré et l'échange se fait sous le regard discret de plusieurs inspecteurs de police. Le diamantaire retourne en prison où il attend désormais son procès.

Pour l'heure, la majeure partie du butin allemand n'a toujours pas été retrouvée.

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