Présidentielles US: Le discours de la campagne n'est pas américain
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Présidentielles USLe discours de la campagne n'est pas américain

Le président démocrate a taclé sans le nommer Donald Trump, considérant que tous les Américains ou presque «sont venus d'ailleurs».

«Quand j'entends certains parler comme si ces enfants étaient différents de mes enfants, qu'ils étaient d'une certaine manière moins dignes de notre respect et de notre attention, je pense que ce n'est pas américain» a lancé Barack Obama.

«Quand j'entends certains parler comme si ces enfants étaient différents de mes enfants, qu'ils étaient d'une certaine manière moins dignes de notre respect et de notre attention, je pense que ce n'est pas américain» a lancé Barack Obama.

Barack Obama a estimé lundi que le discours anti-immigrants développé dans de la campagne présidentielle en cours n'était «pas américain», visant, sans le nommer, le milliardaire Donald Trump, en tête des sondages dans le camp républicain.

«Tout ce sentiment anti-immigrants qui est présent dans le débat politique en ce moment est contraire à ce que nous sommes», a déclaré le président des Etats-Unis. «Car à moins que vous ne soyez 'Native American', votre famille est venue d'ailleurs».

«Des tas de gens sont venus de toute l'Europe, de toute l'Asie, de toute l'Amérique centrale ou d'Afrique», a-t-il martelé, lors d'un échange avec des étudiants dans la ville de Des Moines (Iowa, centre).

L'accent de la campagne de Donald Trump

Le magnat de l'immobilier Donald Trump a multiplié les déclarations tonitruantes sur l'immigration et réussi à imposer ce sujet comme l'un des thèmes majeurs de ce début de campagne dans le camp républicain.

«Quand le Mexique nous envoie ses gens, ils n'envoient pas les meilleurs éléments. Ils envoient ceux qui posent problèmes. Ils apportent avec eux la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs», a-t-il notamment affirmé lors du lancement de sa campagne en juin.

Le candidat républicain a également proposé de revenir sur le droit du sol, pierre angulaire du droit américain, qui garantit la citoyenneté aux enfants nés sur le sol des Etats-Unis.

Obama dénonce l'idéalisation du siècle dernier

Sans nommer quiconque, Barack Obama a aussi dénoncé avec véhémence ceux qui évoquent avec nostalgie l'immigration ancienne comme une forme d'âge d'or pour mieux dénoncer l'actuelle. «Même si nous sommes un pays de droit, vous ne pouvez prétendre qu'il y a 100 ans le processus d'immigration était fluide et sans heurts», a-t-il lancé.

«Nous pouvons avoir un débat légitime sur un système d'immigration qui soit équitable et assure le respect de la loi», a-t-il estimé.

«Mais quand j'entends certains parler comme si ces enfants étaient différents de mes enfants, qu'ils étaient d'une certaine manière moins dignes de notre respect et de notre attention, je pense que ce n'est pas américain», a-t-il ajouté.

Décrets d'Obama en 2014

Barack Obama avait fait de la réforme du système d'immigration une de ses principales promesses de campagne dès 2008, mais il s'est heurté à l'opposition du Congrès, dominé par les républicains.

Fin 2014 il a présenté, sans passer par les élus des deux chambres, une série de décrets offrant une perspective de régularisation à quelque 5 millions de personnes en situation irrégulière. Mesure-phare: tout clandestin vivant depuis plus de cinq ans aux Etats-Unis et ayant un enfant américain ou titulaire d'un statut de résident permanent, doit pouvoir demander un permis de travail de trois ans.

Quelque 11 millions de personnes, dont une grande partie de Mexicains, vivent et travaillent clandestinement aux Etats-Unis, certains depuis de très longues années. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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