Nouvelle-Zélande: Le «djihadiste gaffeur» doit se débrouiller seul
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Nouvelle-ZélandeLe «djihadiste gaffeur» doit se débrouiller seul

La Nouvelle-Zélande ne veut pas récupérer un compatriote parti combattre en Syrie. Surnommé le «djihadiste gaffeur», l'homme espérait l'aide du gouvernement pour rentrer.

Mark Taylor, dans une vidéo de propagande de l'EI.

Mark Taylor, dans une vidéo de propagande de l'EI.

DR/twitter

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a averti lundi un de ses compatriotes capturé en Syrie par les forces engagées contre le groupe Etat islamique, et surnommé le «djihadiste gaffeur», qu'il ne devait espérer aucune aide de la Nouvelle-Zélande.

Mark Taylor, 42 ans, a déclaré à la chaîne publique Australian Broadcasting Corporation qu'il avait passé cinq ans au sein de l'EI mais s'était enfui en décembre avant de se rendre aux forces kurdes car la situation devenait invivable.

«Il n'y avait pas de nourriture, pas d'argent, et presque plus aucun service de base ne fonctionnait», a-t-il dit. «J'étais moi-même dans le pétrin et j'ai du prendre une décision, qui était de partir.»

Mark Taylor a hérité de son surnom méprisant en 2015, quand il avait envoyé une série de tweets de soutiens à l'EI, en oubliant cependant de désactiver la géolocalisation, révélant ainsi l'endroit où il se trouvait.

Après avoir rallié l'EI ado elle veut rentrer

03.02.2019 Léonora avait 15 ans quand elle a quitté l'Allemagne pour la Syrie, où elle a rencontré son mari, jihadiste du groupe Etat islamique (EI). Fuyant aujourd'hui l'ultime bastion de l'EI dans l'est syrien, elle veut rentrer dans son pays avec ses enfants.

Passeport brûlé

Il a affirmé à ABC que sa bourde lui avait valu 50 jours de détention dans une prison de l'Etat islamique.

Le prof qui avait envoyé son CV à l'EI

Un Américain de 34 ans capturé en Syrie, où il avait rejoint le groupe Etat islamique (EI), a été inculpé le week-end dernier par un tribunal texan, son Etat d'origine.

Dans une vidéo de propagande de l'EI, il avait été vu brûlant son passeport néo-zélandais, et appelant à «commencer les opérations» en Nouvelle-Zélande et en Australie.

Mme Ardern a cependant observé qu'on ne pouvait déchoir M. Taylor de sa nationalité car il n'est pas un binational.

«Nous nous en tenons bien sûr à nos obligations au regard du droit international, selon lesquelles nous ne pouvons rendre personne apatride», a-t-elle dit.

Mais elle a aussi dit que la Nouvelle-Zélande ne pouvait apporter aucune aide à M. Taylor car il est détenu dans une zone où Wellington ne compte aucun diplomate. Elle a dit ne pas en savoir plus au sujet de M. Taylor que ce qui est dans les médias.

Poursuites en vue

«Nous n'avons aucune connexion avec les forces qui le détiennent, donc c'est difficile pour nous de donner des informations», a-t-elle dit, précisant que le prisonnier devrait sans doute entrer en contact avec les diplomates néo-zélandais en poste en Turquie s'il espérait rentrer dans son pays.

Le cas échéant, M. Taylor serait probablement poursuivi en vertu des lois antiterroristes, a relevé le ministre néo-zélandais de la Justice Andrew Little.

Mme Ardern a de son côté insisté sur le fait que son pays n'était pas tenu de fournir une aide juridique à M. Taylor s'il n'était pas inculpé à l'étranger, ni de lui payer son billet retour.

Elle s'est refusée à dire la menace que cet homme représenterait s'il rentrait, mais a répété que des plans étaient en place pour gérer le retour de djihadistes. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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