Ingénieur du CERN : «Le dossier était monté de toutes pièces»
Actualisé

Ingénieur du CERN «Le dossier était monté de toutes pièces»

Adlène Hicheur, ancien physicien du CERN et de l'EPFL condamné en France pour terrorisme, est sorti de prison. Il refuse de se laisser abattre et souhaite retrouver un emploi.

par
cge
L'avocat qui a défendu Adlène Hicheur lors de son procès au printemps 2012.

L'avocat qui a défendu Adlène Hicheur lors de son procès au printemps 2012.

L'ingénieur de 35 ans a renoncé à faire appel de sa condamnation prononcée le 4 mai dernier, bien qu'il clame son innocence depuis le début. «Il n'y a pas lieu de demander justice à une institution qui n'avait cessé de se décrédibiliser dans cette affaire», explique-t-il dans les colonnes du «Matin», jeudi.

Après avoir passé plus de deux ans et demi en détention préventive, Adlène Hicheur a recouvré la liberté le 15 mai, grâce au jeu des remises de peine. Il avait écopé de cinq ans de prison, dont un avec sursis, au terme de son procès pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Pour mémoire, il avait été inculpé à la suite de la découverte d'e-mails échangés avec un homme présenté comme un membre d'al-Qaida.

«Je refuse de sortir brisé de cette affaire»

«Je redémarre de zéro. Rebondir dans la physique des particules sera difficile, confie le scientifique franco-algérien au quotidien orange. L'ampleur du défi m'effraie parfois, mais je refuse de sortir brisé de cette affaire. Si je ne retrouve pas de poste dans mon domaine, je réussirai dans d'autres.» Aujourd'hui, il vit chez ses parents où le téléphone est toujours sur écoute. Sans source de revenu, il a renoncé à ses indemnités d'ancien détenu, mais se montre déterminé à s'en sortir. «En me condamnant coûte que coûte sur de simples opinions et un dossier monté de toutes pièces, les juges ont voulu me briser. Je ne me laisserai pas faire.»

De son passage en prison, Adlène Hicheur garde le souvenir de moments difficiles, mais également de la camaraderie qui règne entre les détenus. Les témoignages de soutien qu'il a reçus l'ont aidé à tenir le coup. S'il reste convaincu que la justice française a tenté de le «broyer» à tout prix, il assure que les autorités helvétiques se sont montrées plus objectives. «Les Suisses, qui de leur côté avaient mené leur enquête, ont été carrés. Ils ont rassemblé les pièces, m'ont écouté et finalement blanchi. C'était une véritable quête de vérité.»

Ton opinion