Actualisé 11.08.2017 à 18:23

Suisse - Oeufs contaminésLe doute persiste sur les produits transformés

La Fédération romande des consommateurs s'inquiète à propos des aliments à base d'oeuf, même si rien n'a encore été trouvé.

Les oeufs contaminés ont-ils été utilisés pour la confection d'autres aliments?

Les oeufs contaminés ont-ils été utilisés pour la confection d'autres aliments?

AFP/Philippe Huguen

Les grands distributeurs suisses ont retiré de leurs étals les oeufs suspects dans le cadre de la contamination au fipronil. Le doute subsiste toutefois concernant les produits transformés. La Fédération romande des consommateurs (FRC), qui suit l'affaire de près, s'inquiète à leur sujet.

A la Migros, «des valeurs infimes» de fipronil ont été trouvées dans des oeufs frais M-Budget, qui ont été retirés de la vente, a indiqué vendredi à l'ats Tristan Cerf, porte-parole. «On ne peut pas exclure que des produits transformés en contiennent aussi, mais nous n'en avons pas trouvé à ce stade», dit-il.

Du côté de la Coop, 95% des oeufs de consommation proviennent de Suisse, comme à la Migros, et ne sont a priori pas concernés, souligne le distributeur.

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) indique toutefois à cet égard que des investigations «sont en cours pour déterminer si des oeufs suisses pourraient être touchés» par le problème.

Retirés «à titre préventif»

A la Coop, les oeufs importés de la marque Prix Garantie n'étaient pas contaminés «d'après tout ce que nous savons», précise Ramon Gander, porte-parole, dans un courriel. Ces oeufs ont quand même été retirés de la vente «à titre préventif».

Les nouveaux oeufs Prix Garantie reçus «proviennent de fermes testées sur le fipronil avec un résultat négatif». Les produits transformés ne sont eux pas concernés par la contamination «en l'état actuel des connaissances».

Chez Aldi, on n'a pas trouvé de fipronil dans les oeufs frais, mais tous ceux importés d'Europe ont été retirés de la vente par mesure de précaution. S'agissant des produits transformés, «on ne peut rien dire à ce stade, nous sommes en train de voir avec nos fournisseurs» ce qu'il en est, indique le distributeur.

«Savoir ce que l'on mange»

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a précisé lundi à ce sujet que la présence de fipronil dans ce type d'aliments est possible, mais que le cas échéant sa concentration est beaucoup plus faible que celle constatée dans les oeufs frais contaminés. Il n'y a donc aucun risque pour la santé à les consommer.

Même si les oeufs sont dans ce cas dilués, «les consommateurs veulent savoir ce qu'ils mangent. Ils ne souhaitent pas trouver de contaminant, fût-ce à l'état de traces ou de résidus, dans leurs aliments», argumente de son côté Barbara Pfenniger, de la FRC.

«La situation est certes plus grave dans d'autres pays, mais les Suisses paient leurs aliments plus cher qu'ailleurs. Ils ont donc aussi d'autres attentes», poursuit-elle.

D'une façon générale, «cette affaire remet le doigt sur les risques de fraude avec les denrées d'origine animale». Elle fait ressurgir chez les consommateurs une certaine méfiance sur le contenu de leurs assiettes, constate la FRC.

La sécurité doit primer

Les poux rouges peuvent aussi infester un poulailler suisse, note aussi la FRC. Comme tout biocide doit être homologué avant d'être mis sur le marché suisse, «nous sommes quelque peu protégés contre des produits douteux comme celui utilisé dans les poulaillers belges et néerlandais».

Toutefois, «une motion parlementaire demande actuellement de revoir ce genre de frein au commerce. Nous espérons que ce scandale rappelle aux décideurs que le commerce ne doit pas primer sur la sécurité des consommateurs», insiste la FRC.

Selon l'OSAV, la viande de poulet pourrait potentiellement aussi être concernée par une contamination au fipronil. Mais il n'y a pas d'indication dans ce sens à ce stade. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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