Veysonnaz (VS): Le drame de Luca refait surface en librairie
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Veysonnaz (VS)Le drame de Luca refait surface en librairie

Un roman remet dans la lumière un fait divers qui avait ébranlé la Suisse romande en 2002: la découverte du corps nu et mutilé d'un enfant de 7 ans à Veysonnaz (VS).

par
gco

Le 7 février 2002, Luca Mongelli est retrouvé, en début de soirée près de sa maison, inconscient. En hypothermie, il gît dans la neige, torse nu, la culotte baissée à hauteur des genoux et le corps couvert de griffures. Après deux mois de coma, il se réveille avec de graves lésions. Luca est tétraplégique et aveugle. La justice valaisanne conclut qu'il a été attaqué par son propre chien, «Rocky» un berger allemand, qu'il promenait avec son petit frère Marco, âgé de 4 ans au moment des faits. L'affaire est classée fin février 2004. Le chien est euthanasié.

Le classement par la justice est dénoncé par la famille qui estime qu'il y a eu des carences lors de l'enquête. «Nous avons toujours contesté avec la plus grande vigueur la thèse de l'attaque par le chien qui recèle de nombreuses contradictions et présente des zones d'ombre on ne peut plus criardes» souligne Nicola, le père de la victime.

«Canines», un roman, signé par un mystérieux auteur (sous le pseudo de Janus) et qui s'inspire de cette histoire, sort le 8 juin aux Editions Xenia. «On peut penser que cet ouvrage va faire du bruit en terre valaisanne et que nombreux seront les mécontents, qui se reconnaîtront peut-être, malgré les précautions scripturales prises à cet effet» estime Me Charles Poncet qui a écrit la préface de ce qu'il qualifie d'un «roman» qui raconte l'histoire «imaginaire» d'une recherche difficile de la vérité.

Contacté par «20 minutes», Nicola Mongelli, le père de Luca réagit:

«20 minutes»: Que pensez-vous de ce livre? L'avez-vous lu?

Nicola Mongelli: Je l'ai dévoré en une nuit! L'histoire par sa trame et son suspense captivent le lecteur. Ecrite sous forme de roman, l'histoire a effectivement beaucoup de points commun avec le dossier de notre fils…

Que vous inspire le fait que le drame qui a frappé votre famille inspire un livre?

Si huit ans après le drame de l'encre coule encore sur cette affaire, c'est la confirmation que la population valaisanne n'est pas si naïve que l'on croit et que les faits sont loin d'être si clairs que la justice le prétend.

Avez-vous été consulté pour son écriture?

Comme déjà énoncé, dans la mesure où le livre a été écrit sous la forme d'un «roman», je n'ai pas eu à donner mon accord pour sa publication. Toutefois, je félicite l'auteur pour son travail.

Comment se porte aujourd'hui Luca?

Sur le plan moral, il se porte bien, de part son caractère vivace et joyeux. A 15 ans, Luca a la capacité de trouver un point positif même lorsque le monde lui tombe sur la tête. J'aimerais pouvoir en faire autant que lui! Sur le plan de la Justice, il est convaincu qu'un jour elle pourra éclater au grand jour, moi je lui fais confiance. Au niveau médical, les choses se compliquent, nous sommes juste rentrés de Philadelphie (USA) où Luca a subi trois interventions chirurgicales, notamment aux fémurs. Depuis l'accident, il est aveugle et tétraplégique. Il pratique trois heures de physiothérapie par jour. Sa mère Tina dédie sa vie pour lui et pour son frère. Tous trois sont retournés en 2005 vivre en Italie.

Huit ans après les faits, quelle hypothèse privilégiez-vous pour le drame de février 2002?

Je crois mon fils quand il affirme que c'est bien «un être à deux jambes qui l'a agressé» (n.d.l.r. : dans un témoignage lors de l'émission «Zone d'ombre» de la TSR en janvier 2009, Luca explique avoir été battu avec des branches par plusieurs jeunes qu'il connaissait. La famille de Luca a annoncé hier qu'une dénonciation pénale a été formulée le 10 mai auprès de la justice vaudoise pour des déclarations lors de cette même émission de la TSR . Une vétérinaire comportementaliste qui serait visée par la plainte remettait en cause la version de l'attaque de Luca par un chien. Cette plainte 15 mois après l'émission laisse très songeuse la famille... Que la justice laisse les experts, les médecins s'exprimer librement au lieu de les museler à chaque fois qu'ils osent, avec beaucoup de courage et à leur risque, faire part publiquement de leurs convictions. J'ai pu entendre les médecins me faire part de leurs convictions puis ne pas pouvoir les rendre publiques par peur de représailles de la part de la justice.

Une chanson pour Luca:

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