Suisse romande – Le droit collaboratif ou le cheminement vers le win-win entre deux parties
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Suisse romandeLe droit collaboratif ou le cheminement vers le win-win entre deux parties 

Pour éviter de passer par un juge qui pourrait mécontenter une des parties, voire les deux, de plus en plus de divorces se terminent dans une ambiance de collaboration entre les ex-époux et leurs avocats.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Les avocates Anaïs Brodard (à g. de face) et Sandrine Chiavazza autour d’une table avec leurs clients. 

Les avocates Anaïs Brodard (à g. de face) et Sandrine Chiavazza autour d’une table avec leurs clients. 

François Melillo20 minutes

Peu de blabla, peu de tracas, pas d’invectives, maîtrise des coûts et de la durée du processus... A l’heure où, afin de préserver les enfants, le divorce à l’amiable entre parents a la cote, le droit collaboratif est de plus en plus d’actualité. Dans ce processus, les personnes en conflit décident de régler leur litige par la négociation avec l’aide d’avocats formés à cette méthode. L’objectif principal est de trouver un accord consensuel sans passer par un tribunal.

Christian* et Viviane* ont été séduits par cette voie. Arrivés à la conclusion que leur séparation était devenue inéluctable, ces parents de deux enfants tenaient à ce que la rupture se fasse avec «le moins de dégâts possibles».  Tout en évitant un yo-yo judiciaire à rebondissements entre les différentes instances des tribunaux. Atteint dans sa santé depuis quelques années, Christian salue la sérénité des séances entre lui et sa compagne et leurs avocates. «Même si on a trois biens immobiliers qui auraient pu entraîner des débats houleux, les échanges ont lieu dans une ambiance apaisée. La procédure lancée l’été passé arrive à bout touchant. Nous ferons une séance commune avec nos enfants pour valider l’accord», salue le quinquagénaire.

«Au Tribunal, il y a un qui rit et un qui pleure»

Yves*, un informaticien vaudois de 48 ans, vient de trouver un accord avec son ex-épouse, ultime épisode de seize ans de vie commune. «Notre objectif, c’est le dialogue. Pour cela, il fallait éviter un juge qui arbitre et des avocats qui se rendent coup sur coup. Nous voulions des décisions consensuelles», souligne ce père de deux enfants. Le quadra voulait également avoir la maîtrise sur le coût financier de la procédure. «Ce qui me séduit le plus, c’est l’idée qu’il n’y a pas de perdant. Au Tribunal, il y a souvent un qui rit et un qui pleure», analyse-t-il.

Association romande de droit collaboratif

«Une alternative humaine»

Viviane*, une mère de famille genevoise, vient de trouver un accord avec son ex-mari. «J’ai été accompagnée dans un climat de confiance et d’écoute. Les conseils de mon avocate étaient orientés vers un apaisement afin de pouvoir aboutir à un accord équitable, selon mes besoins. J’ai ressenti à travers ce processus une alternative humaine, évitant ainsi les conflits majeurs entre les parties souvent soutenus par les procédures de leurs avocats respectifs et pouvant péjorer des climats déjà bien tendus», observe-t-elle.

Formée au droit collaboratif et médiatrice, Me Anaïs Brodard rappelle qu’il y a d’autres voies que le tribunal pour régler un divorce. «En droit collaboratif, le principe c’est de se dire: ‘’Nous décidons pour nous, ce n’est pas le juge qui décide. C’est une démarche win-win, en équipe et dans la transparence, loin des aléas des procédures judiciaires’’», affirme-t-elle. En général, les parties arrivent à trouver un accord.  Mais, si tel n’est pas le cas, «les avocats doivent se désister», signale l’avocate lausannoise.

«Un divorce douloureux peut se résoudre sans conflit majeur grâce au droit collaboratif. Les avocats travaillent en équipe pour trouver des solutions dans l’intérêt des enfants et des biens, sans décision unilatérale d’un juge et dans la maîtrise des coûts du divorce.»

Me Anaïs Brodard, avocate experte du droit collaboratif et médiatrice

Pas que pour les divorces

*Prénoms d’emprunt

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