Le fabuleux destin d'un surdoué des instruments

Actualisé

Le fabuleux destin d'un surdoué des instruments

Yann Tiersen a comblé le public au terme d'une soirée haute en couleur vendredi dernier.

La pluie n'a rien pu y faire. La déjà longue et bonne soirée dans les jambes des festivaliers non plus. Peu après minuit, parapluies et pèlerines ont été relégués au rang de simples accessoires, rapidement oubliés devant la charge émotionnelle du créateur d'ambiances breton. Yann Tiersen, ce sont des ambiances et des images, dévoilées tantôt par petites touches, tantôt dans un déluge de guitares et de rock brut de décoffrage. Ce n'est justement pas par hasard si c'est l'illustration sonore d'«Amélie Poulain» qui a fait connaître l'artiste.

Sur scène, sa musique se retrouve transcendée par la magie du live, sublimée par la violence des sentiments qui s'entremêlent dans une maîtrise impeccable des arrangements instrumentaux. Oscillant entre violon, xylophone, guitare et accordéon, le multi-instrumentiste virtuose orchestre sa prestation avec un naturel acquis grâce à une solide formation classique, ce qui lui permet de placer la note qu'il faut exactement au bon moment et au bon endroit.

Yann Tiersen sur scène est un moment d'efficacité pur à vivre, à voir et à écouter, qui ne peut que très difficilement se comparer à quelque disque que ce soit dans sa carrière: sa musique prend une dimension magnifique, et la tension qu'il arrive à garder jusqu'à la dernière note a littéralement scotché à la grande scène la foule fascinée, sans aucune respiration.

Arnaud Di Clemente

Ton opinion