31.08.2020 à 04:24

FootballLe «FC Ineos» n’intéresse guère à Nice

L’immersion dans la cité de la Côte d’Azur réalisée samedi, afin de savoir ce que les supporters niçois pensent de leur propriétaire commun avec le LS, a été un gros échec.

de
Robin Carrel, Nice
Notre nouvel ami niçois.

Notre nouvel ami niçois.

Être à Nice pour un départ du Tour de France, ça permet aussi d’aller tâter le terrain, pour savoir ce que les gens pensent du «FC Ineos». L’entreprise de pétrochimie britannique cristallisait en effet pas mal les discussions dans la Baie des Anges, puisque propriétaire du Lausanne-Sport, de l’OGC Nice, mais aussi, accessoirement, de l’équipe éponyme de cyclisme qui figure parmi les favorites pour gagner encore une fois le Tour de France. La partie de samedi soir en Ligue 1 entre Strasbourg et Nice était l’occasion idoine.

J’ai donc cherché sur les sites internet, pour essayer de débusquer un nid d’«Aiglons», le surnom de l’équipe azuréenne, afin d’aller voir ce qu’ils pensaient de tout ça. Le premier endroit trouvé par mon moteur de recherche était en pleine vieille ville, là où les bières se vendent à des prix inabordables, même pour un Suisse. Alors j’ai un peu creusé l’affaire et trouvé ce qu’on appelle dans le jargon un «boui-boui», proche du port et bien loin des vilaines soirées jet-set qui pullulent dans les environs. Sauf que je ne m’attendais pas vraiment à atteindre un niveau aussi exceptionnel.

Un vrai «boui-boui» comme on aime

Un vrai «boui-boui» comme on aime

Parce qu’au bar «Lou Tifosi», situé sur le Boulevard Stalingrad, un supporter local nous a permis de passer une soirée magique. Assis en terrasse avec son maillot de l’OGC Nice floqué Mamadou Bagayoko – parti du club en 2011 –, il tape pas mal de théories sur tous les sujets, mais n’est pas forcément tout à fait au courant de tout ce qui se passe sur la planète football. Ainsi, après avoir tenté de lui expliquer, entre deux Ricard, que je venais de Suisse et qu’Ineos avait aussi acheté Lausanne, il m’a demandé les yeux dans le vague: «Toute la ville?!»

Heureusement pour la soirée, Nice n’est pas forcément exceptionnel sur le pré, prend une flopée de cartons jaunes, mais ouvre tout de même la marque juste avant la pause sur un penalty tout à fait bienvenu. Le problème avec ce bistrot, c’est que leur retransmission pirate avait environ une minute de retard sur la vie réelle. Du coup, au moment du 0-2 signé une nouvelle fois Dolberg à l’heure de jeu, on l’a soufflé en avant-première à notre nouvel ami pour une soirée, qui est parti fêter ça en jetant sa chaise au milieu de la route et en piquant un sprint de 100 mètres. À son retour, les ralentis étaient forcément déjà terminés…

La fin de match a frôlé l’exceptionnel elle aussi. Surtout vu les inventions de notre nouveau pote: «Allez Dolberg, toi t’as un peu de magie dans ton corps.» «On est premiers», a éructé un autre, dans la foulée du deuxième but des Rouge et Noir, alors qu’il était jusque-là davantage concentré sur le défilé de demoiselles de retour de la plage. Il faut avouer que Paris n’a pas commencé son championnat, que la majorité des autres rencontres se jouaient ce dimanche, mais ce n’était pas quelque chose à dire aux Niçois à ce moment-là. Car ils n’étaient pas en état de bouder leur plaisir.

En rentrant à l’hôtel, avec quelques étoiles devant les yeux et pas celles d’un ciel bouché comme rarement – Nice, c’est pourtant 300 jours de soleil par an! –, il a bien fallu se rendre à l’évidence: la mission du soir a été un échec. La seule chose que les fans niçois de ce débit de boissons se demandaient à propos d’Ineos, c’était à combien se montait la fortune de Jim Ratcliffe, histoire de savoir s’il avait les moyens de se payer les services de Lionel Messi. Je n’allais pas ajouter à la discussion le Stade olympique de la Pontaise ou celui de la Tuilière.

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