Football - Sion fête la plus belle des défaites en… Super League

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FootballSion fête la plus belle des défaites en… Super League

Malgré son revers crispant contre Thoune (2-3), le club valaisan évoluera toujours dans l’élite la saison prochaine. C’est tout ce qui comptait.

par
Nicolas Jacquier
Lubomir Tupta a inscrit un doublé, dimanche après-midi à Tourbillon.

Lubomir Tupta a inscrit un doublé, dimanche après-midi à Tourbillon.

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Pour le FC Sion, il fallait juste finir le travail, ne pas «saloper» celui qui avait été effectué jeudi à la Stockhorn Arena. Même s’il n’est pas parvenu à doubler la mise, il n’y a pas eu de mauvaise surprise ni d’invraisemblable retournement de situation qui, au terme de ce barrage, lui aurait coûté sa place en Super League, une place que les Valaisans avaient déjà grandement assurée en faisant la différence à l’aller (4-1).

Mais parce qu’il était écrit que ce Sion-là, incorrigible, n’allait pas pouvoir s’empêcher de jongler une dernière fois avec ses peurs, ses joueurs en ont été quitte pour trembler avant de s’accrocher à ce qui restera comme leur plus belle défaite de la saison. Pourtant, les signaux d’alerte et d’appel à la prudence clignotaient, mais ceux à qui ils s’adressaient n’ont pas jugé utile d’en tenir compte.

Les voilà donc malgré tout sauvés après avoir été condamnés et promis à une relégation certaine moins de 15 jours plus tôt. Cela raconte beaucoup sinon tout de l’instabilité d’une équipe qui a besoin de voir le danger en face pour s’en extirper.

Le rôle de Marco Walker

Pour tenter d’expliquer ce nouveau miracle à la «valaisanne», on a souvent insisté - à raison d’ailleurs - sur le rôle clé que les anciens bannis ont joué; on songe en premier lieu à Hoarau et à Cavaré bien sûr, mais on pourrait également leur associer Tosetti. Il serait toutefois incorrect de ne pas souligner l’immense mérite de Marco Walker lui-même. Accueilli avec un certain scepticisme, l’ancien coach du FC Naters n’a certes pas un passé de champion du monde comme cela était le cas de son prédécesseur Fabio Grosso, mais ses choix ont été cohérents et il a su redonner de la sérénité à un groupe qui ressemble enfin à une équipe.

Comment gérer le 4-1 de l’aller? A Tourbillon, Sion savait qu’il ne devait pas concéder une défaite par trois buts d’écart s’il entendait s’éviter les prolongations. Après une poignée de secondes seulement, son avance avait déjà fondu d’une unité, conséquence de la frappe de Schmidt déviée par Ndoye et ricochant ensuite sur Dzonlagic, trop seul. A la demi-heure, Tupta pouvait dépoussiérer la toile d’Hirzel sur un magnifique coup-franc, accordé pour une faute de Sutter sur Hoarau et transformé deux minutes après un monstrueux raté de Chihadeh, lequel avait le ballon du 0-2 sur une cage pas loin d’être abandonnée…

Le doublé de Tupta

Au moment même où l’on pensait Sion capable de faire la différence (occasions pour Tosetti et Karlen), un tir limpide de Schmidt replongeait les Valaisans dans les soucis. Dans les arrêts de jeu de la première période, il fallait un exploit personnel de Tupta, sur dégagement à suivre de Ndoye, pour faire retomber quelque peu une tension perceptible. Le Slovaque, qui n’avait pas été à pareille fête depuis son arrivée en Suisse, aura attendu son heure pour y inscrire ses premiers buts.

Mais tête en l’air, Sion devait à nouveau mal entamer le dernier quart de son barrage, son hôte reprenant l’avantage après une partie de billard près du poteau valaisan dont allait profiter Havenaar. Crispation sur la pelouse et dans les tribunes où les visages commencèrent à se liquéfier. Tant Sion, plus sûr de rien et à la merci de visiteurs survoltés, n’entreprit plus rien de juste, allant jusqu’à se mettre à faire n’importe quoi en gâchant plusieurs ballons de contre et en concédant trop de coup-francs dangereux.

«On sera toujours là»

Alors les minutes, incroyablement longues, s’étirèrent, avec des chances de part et d’autre, un coach averti (Walker) et une expulsion tardive (Balthazar). Jusqu’au coup de sifflet libératoire de M. San, laissant Sion en Super League pour un dénouement fêté en cercle à même la pelouse sur l’air de «nous les Sédunois, on sera toujours là».

Ainsi s’achève pour le club valaisan un nouvel exercice traumatisant avec lequel il s’est habitué à composer depuis quelques années. Avec le retour attendu du public dans les stades, aspirer à vivre une prochaine saison normale devrait être son objectif basique. Ou cela s’apparente-t-il déjà à un vœu pieu?

Sion - Thoune 2-3 (2-2)

Tourbillon. 100 spectateurs.

Arbitre: M. San.

Buts: 3e Dzonlagic 0-1. 30e Tupta 1-1. 38e Schmidt 1-2. 45e Tupta 2-2. 55e Havenaar 2-3.

Sion: Fickentscher; Cavaré, Ndoye, Abdellaoui, Balthazar; Tosetti, Serey Die, Araz (66e Grgic), Tupta (81e Theler); Hoarau (81e Uldrikis), Karlen (60e Zock). Entraîneur: M. Walker.

Thoune: Hirzel; Wetz, Sutter, Havenaar, Schwizer; Roth (67e Ahmed), Rüdlin; Schmidt (67e Kyeremateng), Dos Santos (74e Breitenmoser), Dzonlagic (58e Salanovic); Chihadeh. Entraîneur: C. Bernegger.

Notes: Sion sans Bamert, Kabashi, Lacroix, Iapichino, Martic, Wesley, Clemenza, Khasa (blessés). Thoune sans Kablan, Hefti, Fatkic, Hasler, Gr. Karlen, Castroman (blessés).

Expulsion: 93e Balthazar.

Avertissements: 33e Rüdlin. 47e Roth. 66e Zock. 75e Cavaré. 85e Walker. 88e Grgic. 91e Sutter.

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