Actualisé 25.02.2016 à 00:56

Europa LeagueLe FC Sion entre déception et fierté

Le club valaisan a été éliminé de l'Europa League mercredi à Braga au terme d'une performance de choix. Il s'en est fallu de quelques centimètres pour créer l'exploit.

von
Tim Guillemin
Braga
Le FC Sion et Carlitos se retrouvent éliminés de la Coupe d'Europe, mais peuvent sortir la tête haute.

Le FC Sion et Carlitos se retrouvent éliminés de la Coupe d'Europe, mais peuvent sortir la tête haute.

photo: Keystone/Jen-christophe Bott

Bien sûr, se faire éliminer par le Sporting Braga est quelque chose de tout à fait logique. Le club portugais, 4e de son championnat, n'est pas une formation forcément très connue, mais elle fait bien partie de l'élite de son pays. «Ce n'est pas une équipe médiatique, mais elle est solide. Il y a peu de monde qui les a bougés comme on l'a fait ce soir en deuxième période», commentait même Didier Tholot après la partie. Oui, le FC Sion a fait bien mieux que de se défendre sur la pelouse portugaise. Battus 1-2 à l'aller à Tourbillon, les Valaisans devaient marquer deux fois pour espérer quelque chose au Stade Municipal. Mission impossible? Ce dernier mot n'étant pas valaisan, l'expression ne peut pas être valable.

Sion a en effet attaqué ce match retour de la meilleure des manières, jouant avec deux attaquants (Theofanis Gekas et Moussa Konaté) dès le coup d'envoi. Non, Didier Tholot n'était pas venu jusque dans le nord du Portugal pour avoir des regrets. Si Sion devait disparaître de cette Europa League, ce serait la tête haute, les armes à la main. Les deux attaquants nominaux étant soutenus par deux milieux excentrés très offensifs (Ebenezer Assifuah et Carlitos), c'est bien un FC Sion conquérant qui se présentait sur la pelouse de Braga.

Les «Guerriers du Minho» avaient des arguments à faire valoir, pourtant. Déjà, ils menaient 2-1 après le match aller et, surtout, ils possèdent des joueurs de grande valeur à l'image de Rafa Silva, leur joyau de 22 ans convoité par les plus grands clubs européens. Sion était prévenu, rien n'allait être facile en ce mercredi soir même si ce match n'avait pas déchaîné les passions, seuls 7000 spectateurs ayant pris place face à la fameuse falaise d'un des stades les plus étonnants d'Europe. Parmi ces 7000 amateurs de football, la présence d'un millier de supporters valaisans est à souligner. Bruyants, fervents, ils n'ont eu de cesse d'encourager leur équipe, que celle-ci mène au score ou soit rejointe. La bataille des tribunes, ce sont bien les Valaisans qui l'ont emportée.

Mais sur le terrain aussi, le FC Sion a fait bonne figure. Braga a eu le ballon en première période, mais Sion, telle une grande équipe, a frappé sur ses seules occasions! Le centre d'Ebenezer Assifuah à ras de terre? Il a trouvé Theofanis Gekas, lequel a fait l'appel parfait au premier poteau et a pu conclure d'une talonnade prouvant tout son flair et son sens du but. Le Grec a même trouvé une deuxième fois la faille, quelques minutes plus tard, se trouvant au bon endroit pour reprendre une frappe d'Assifuah renvoyée par le gardien Matheus sur son poteau. Sion devait marquer deux fois pour espérer quelque chose dans cette double confrontation? Gekas lui avait déjà rendu ce service avant la demi-heure de jeu.

Braga n'est bien sûr pas resté inactif en première période, égalisant sur un penalty très controversé. Oui, Ebenezer Assifuah a touché le ballon de la main, c'est indéniable, mais le Ghanéen n'a absolument pas fait exprès et, surtout, Vilmos Vanczak avait été victime d'une faute juste avant. Un penalty, n'ayons pas peur des mots, extrêmement sévère. Didier Tholot a pesté, à mots presque couverts, et a été soutenu par son président Christian Constantin, à mots moins couverts: «L'arbitre les a aidés. C'est toujours plus facile de voler les petits que les grands.» Voilà qui est dit.

Sion est tout de même arrivé à la pause avec un but d'avance et, surtout, deux buts marqués. Même sans trois défenseurs habituellement titulaires (Léo Lacroix, Elsad Zverotic et Reto Ziegler), Sion a été très bon défensivement. Vilmos Vanczak, en particulier, a été très étonnant. Le Hongrois allait-il être à court de forme, lui qui a très peu joué ces derniers mois ? Si oui, cela ne s'est pas vu du tout et le brave «Willy» a accompli une prestation défensive de tout premier ordre.

La défense sédunoise peut se faire un reproche, peut-être, celui de ne pas avoir été assez intransigeante en début de deuxième période. Braga en a profité pour égaliser à 2-2 sur une action un brin chanceuse, mais sur laquelle la défense valaisanne n'a pas fait bonne figure.

Dès lors, comme au match aller, Sion a pris l'ascendant sur son adversaire, montrant un visage magnifique, tout en détermination et en allant offensif. Il n'a manqué qu'une chose: le but du 2-3, qui aurait fait exploser le kop valaisan et aurait promis une nuit de folie dans les quartiers de la ville pour les supporters sédunois. Il s'en est fallu de peu, de très peu même. De combien? Deux ou trois centimètres, a priori. Ceux qui ont manqué à Verolljub Salatic pour reprendre un ballon chaud, mais surtout, ceux qui ont fait la différence à la 93e lorsque la frappe splendide de Vincent Rüfli a rebondi sur la barre transversale plutôt que juste en dessous.

Sion peut avoir des regrets, c'est sûr, car il y avait la place pour créer un exploit monumental sur la pelouse de Braga, mais les Valaisans peuvent aussi se dire qu'ils ont réussi une performance de choix. Alors, déception ou fierté? Dans l'immédiat, le premier sentiment domine. Mais le deuxième va s'imposer petit à petit, lorsque Sion se retournera sur l'entier de son parcours et se dira qu'il a fait jeu égal avec Liverpool, le Rubin Kazan, Bordeaux et le Sporting Braga cette saison. Quand on se rappelle où était le club valaisan il y a exactement une année, on peut se dire sans risque de se tromper que le chemin parcouru a été énorme. Oui, ce FC Sion a bel et bien le format européen.

Sporting Braga - Sion 2-2 (1-2)

Stade Municipal, 6759 spectateurs.

Arbitre: Liany (Isr).

Buts: 16e Gekas 0-1. 27e Josué (penalty) 1-1. 29e Gekas 1-2. 48e Stoiljkovic 2-2.

Braga: Matheus; Baiano, Ricardo Ferreira, Boly, Marcelo Goiano; Josué (63e Pedro Santos), Luiz Carlos, Mauro, Rafa Silva; Hassan (92e André Pinto), Stoiljkovic (81e Rui Fonte).

Sion: Vanins; Rüfli, Vanczak, Ndoye, Pa Modou; Assifuah (76e Bia), Salatic, Salatic, Carlitos; Konaté, Gekas (88e Zeman).

Notes: Braga sans Ringstad (blessé), Vukcevic (suspendu) ni Allan (pas convoqué), Sion sans Lacroix, Ziegler, Kouassi, Zverotic, Adao, Cmelik (blessés), Voser ni Léo (pas qualifiés).

Avertissements: 10e Vanczak. 62e Josué.

Josué, milieu de terrain de Braga

"Sion est une magnifique équipe. Ils nous ont mis en difficulté à l'aller et au retour. Franchement, bravo à eux. C'était compliqué de passer face à eux. Plus que l'on pensait au début? Sincèrement, oui."

Tholot: «On avait un plan, on n'était pas loin...»

«On avait un plan, on n'était pas loin...» Didier Tholot s'est présenté devant la presse, après l'élimination de son FC Sion à Braga en 16e de finale de l'Europa League (2-2, défaire 2-1 à l'aller), déçu et fier à la fois. «Je suis un compétiteur donc je veux toujours aller le plus loin possible. Alors il y a des regrets de ce point de vue. Mais après, je n'en ai aucun concernant le comportement des joueurs ni le jeu produit ici à Braga.»

Et encore moins sur son choix de titulariser Thoefanis Gekas en attaque dans un 4-4-2 pas si habituel côté valaisan. «Après l'aller (NLDR: le Grec était entré en cours de rencontre), c'était clair qu'il jouerait au Portugal. Nous avions remarqué que la défense du Sporting était en danger sur les centres au sol ou les ballons derrière les deux axiaux. Mais je suis obligé de composer et je savais que si je titularisais Gekas dimanche contre GC (NLDR: défaite 3-0), il ne pourrait pas jouer en Europa League. Il n'est pas capable d'enchaîner deux rencontres de suite.»

Reste que Tholot était partagé entre deux sentiments, au soir de cette campagne européenne réussie. «Le premier, et je l'avais dit la veille du match, on y croyait, nous nous savions capables de bousculer Braga, de le faire trembler, et nous l'avons fait. Le deuxième est un constat: quand on veut aller loin dans cette compétition, il faut avoir de la réussite. Nous n'en avons pas eu à Sion et là, nous avons une décision arbitrale contestable (NLDR: le Français estime qu'il y avait faute sur Vanczak avant la main sanctionnée d'Assifuah), une barre et un ballon qui passe à quelques centimètres du but.»

Et de terminer par un hommage à ses joueurs. «Je suis fier d'être l'entraîneur de cette équipe, avec le jeu qu'elle a présenté ce soir!»

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