Football - Le FC Sion et «Le Nouvelliste» ont choisi de faire la paix

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FootballLe FC Sion et «Le Nouvelliste» ont choisi de faire la paix

Christian Constantin, président du club de Tourbillon, et Vincent Fragnière, rédacteur en chef du quotidien valaisan, ont signé la paix des braves. Cet accord met fin à un boycott qui durait depuis juillet 2018.

par
Nicolas Jacquier

Le FC Sion et «Le Nouvelliste» étaient fâchés depuis près de trois ans. Une brouille tenace qui concernait surtout Christian Constantin, président du club valaisan, et Vincent Fragnière, rédacteur en chef du quotidien, deux fortes têtes que rien ni personne n’avait jusqu’à présent permis de réconcilier, toutes les tentatives de rabibocher les deux hommes s’étant soldées par des échecs.

Conséquence pratique: le boss de Tourbillon avait interdit à ses joueurs, à ses entraîneurs successifs et plus globalement à chacun de ses employés de s’adresser aux journalistes du «Nouvelliste», lesquels s’étaient vu refuser leurs accréditations à Tourbillon. Ni l’intervention de l’Association Suisse de football, par le biais de Dominique Blanc, son président, ni celle de l’organisme faitier des journalistes n’avaient permis de débloquer la situation…

Cette querelle sans fin a aujourd’hui trouvé son épilogue. Le FC Sion et le quotidien boycotté ont choisi d’enterrer la hache de guerre - l’annonce de cet accord de paix fait d’ailleurs la Une du «Nouvelliste» de ce jeudi.

Fin de la récréation

Dans deux lettres ouvertes, chaque partie se réjouit d’une telle issue, de pouvoir enfin siffler la fin de la récréation après une bataille de préau. «Cette lettre ouverte, écrit Christian Constantin, j’ai du plaisir à la publier. Parce que le moment est venu de redonner au stade de Tourbillon, le stade du FC Sion, mais surtout le stade de ses amis, de ses supporters de toujours et de demain, son souffle rassembleur et sa joie de vivre communicative. Pour que cet élan se concrétise, il faut que la querelle qui m’a opposé depuis 2018 au rédacteur en chef du «Nouvelliste» s’estompe, se termine, et laisse place à un esprit commun constructif.»

«Je connais mon caractère – je vis avec tous les jours! – je peux être têtu, je suis un batailleur, un guerrier, je suis comme tout le monde, je pense avoir raison»

Christian Constantin, président du FC Sion

Au passage, le boss valaisan en profite pour rétablir sa vérité, celle qui l’avait poussé à suspendre sa collaboration avec le quotidien de son canton. «Je connais mon caractère – je vis avec tous les jours! – je peux être têtu, je suis un batailleur, un guerrier, je suis comme tout le monde, je pense avoir raison et je dois décider, mais je suis avant tout un entrepreneur qui préfère bâtir plutôt que détruire. Alors bâtissons. Tous ensemble. Quand tu es, comme je le suis, au cœur du football, avec toute sa complexité, ses multiples aspects – sportif, économique, social, politique – il est difficile de se voir, systématiquement, critiqué et taclé par le rédacteur en chef d’un journal qui devrait, tout de même, être conscient de l’importance de l’ancrage d’un club comme le FC Sion dans un canton comme le Valais (...) Je crois vraiment que si, un matin, le rédacteur en chef du «Nouvelliste», notre journal, se lève, et trouve que c’est un beau jour, un jour pour être positif, il ne violera ni l’éthique journalistique ni la liberté de la presse. Alors, avec cet espoir, dans cette perspective, je lui dis, je dis au «Nouvelliste», comme au public de tout le Valais, «Bienvenue à Tourbillon!»

Le boycott est levé. Enfin (…) Désormais, on ne parlera que football. Mais avec – c’est le plus important – la parole de celles et ceux qui le font»

Vincent Fragnière, rédacteur en chef du «Nouvelliste»

Pour Vincent Fragnière aussi, le moment se veut solennel. «Le boycott est levé. Enfin. Après trois saisons, ce qui doit être unique au monde. Désormais, on ne parlera que football. Mais avec – c’est le plus important – la parole de celles et ceux qui le font. À commencer par les joueurs, mais aussi les entraîneurs et les dirigeants. Ce qui nous était interdit depuis 2018. Comme toujours, cette parole s’accompagnera d’analyses et de mises en perspective des résultats. Et de critiques, aussi. Toujours objectives, elles ne seront jamais gratuites. Elles ne l’ont d’ailleurs jamais été. Si le club a reproché au «Nouvelliste» des attaques à son encontre, votre quotidien a toujours plaidé pour une défense des intérêts des lecteurs. Notre ligne éditoriale ne s’inscrit pas contre une entité, ou pire encore, contre une personne. Non, nous décortiquons, nous relayons et nous critiquons pour refléter fidèlement une situation.»

L’apport de nouvelles têtes

Dans son billet, le rédacteur en chef du Nouvelliste se félicite de l’arrivée de nouvelles têtes au sein de la direction du FC Sion. «Du côté de la structure du club, écrit Vincent Fragnière, le mercato est réussi. L’arrivée de Gelson Fernandes, désormais vice- président, couplée à celle de Massimo Consentino, nouveau secrétaire général, est en effet un excellent signal. Au-delà de leurs compétences certaines, ces deux hommes incarnent aussi l’histoire du Valais d’aujourd’hui (...) Ces choix sont les bons pour rajeunir et moderniser l’image du club.»

Sans risque de se tromper, on peut estimer que l’arrivée conjointe de Gelson Fernandes et Massimo Consentino ont grandement favorisé ce retour à la normale, un rapprochement encore inespéré voici quelques semaines.

«Le FC Sion comme «Le Nouvelliste» sont des symboles forts de ce canton. Retrouver une situation normale va faciliter mon nouveau travail», devait d’ailleurs se réjouir Gelson Fernandes, nouveau vice-président du club.

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