Suisse: Le financement contre RIE III divise le PS
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SuisseLe financement contre RIE III divise le PS

Des sections du Parti socialiste veulent accepter à titre exceptionnel des dons d'entreprises comme Credit Suisse pour la campagne sur la réforme de l'imposition des entreprises.

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smk/nxp
David Roth soutient l'idée de dons uniques pour le financement de la campagne contre RIE III.

David Roth soutient l'idée de dons uniques pour le financement de la campagne contre RIE III.

Keystone

Le Parti socialiste a déposé son référendum contre la troisième réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III). Mais il se déchire à présent sur les modalités de financement, comme l'explique la NZZdans son édition du 17 novembre.

Traditionnellement, le PS dédaigne les libéralités des grandes entreprises. Mais à l'occasion de la journée du parti au début décembre, les sections lucernoise et grisonne ont déposé une motion pour accepter «exceptionnellement» des dons de Credit Suisse, Axa Winterthur et la compagnie Swiss.

Comme l'explique le texte, «l'acceptation des dons ne représente aucun préjudice». Pour des dons ultérieurs, les délégués devront se prononcer.

Pas de conditions des dons

Les trois entreprises ne soumettent leurs participations à aucune exigence, contrairement à UBS qui demande à ce que le bénéficiaire, le PS en l'occurrence, s'engage en faveur de la place financière suisse.

Credit Suisse met ainsi un million de francs chaque année à disposition des partis politiques, réparti en fonction de leur poids électoral. L'établissement se dit prêt à étudier une demande du PS. Mais rien ne dit qu'il ne donne son feu vert avant le début de la campagne.

Disproportion des moyens

Parmi les soutiens du projet se trouve David Roth, l'ex-président lucernois des Jeunesses socialistes. Il ne craint pas une dépendance structurelle par la suite en cas de financement. «Le danger est nul dans ce cas parce que le référendum ne va pas dans l'intérêt des donateurs.» Le sujet sera soumis au peuple le 12 février 2017.

Le porte-parole du parti Michael Sorg rappelle que le référendum a une grande importance pour le PS, avec de bonnes chances de victoires dans les urnes. «Ce serait une raison de plus pour utiliser tous les moyens à disposition et ne pas se faire de reproches ensuite si nous n'avons pas tout essayé.».

Il estime que les partis bourgeois ont près de dix millions de francs à disposition pour cette campagne, soit 25 fois plus que les 400'000 francs du camp du «non à RIE III». Ajouter 280'000 francs en provenance de ces trois entreprises pourrait sensiblement aider la compagne.

Opposition des Jeunesses Socialistes

Mais la présidente des Jeunesses Socialistes, Tamara Funiciello, s'y oppose farouchement. «C'est absurde d'accepter de l'argent du grand capital pour une campagne qui doit lutter contre les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises. Nous trahissons nos valeurs.»

Elle craint qu'en acceptant ces fonds, les protestations ne se transforment en défiance et en préjudice et ne reste pas un cas isolé. Elle demande à ce que le PS ne finance ses campagnes qu'avec les contributions de ses membres. Les Jeunesses socialistes ont donc déposé une motion pour augmenter les cotisations.

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