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Assurances socialesLe financement de l'AVS garanti pour 15 ans

L'AVS est viable telle quelle jusqu'en 2025, selon l'Union syndicale suisse.

Pour l'Union syndicale suisse (USS), l'AVS peut être financée sans hausse de cotisation et et sans réduction de prestations jusqu'en 2025. Et ce même si l'espérance de vie se prolonge. La Confédération doit en finir avec ses pronostics catastrophistes, estiment le syndicat.

L'avenir de l'assurance vieillesse et survivants se trouve à un moment décisif après le rejet au Parlement en septembre de la 11e révision, a déclaré mardi Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse (USS), devant la presse à Berne. C'est donc l'occasion de corriger les paradigmes du débat.

«Les scénarios officiels concernant l'AVS sont beaucoup trop pessimistes. Ils servent à semer la panique et à justifier des démantèlements», a relevé Daniel Lampart, économiste à l'USS. Si les modèles de la Confédération s'étaient réalisés, les comptes de l'AVS auraient dû afficher depuis des années des déficits abyssaux. Or il n'en a rien été, malgré l'augmentation considérable du nombre de personnes à la retraite.

Recettes stables

Depuis 1975, le nombre de personnes à la retraite a plus que doublé, passant à 1,9 million aujourd'hui. Durant ces 35 années, la part prélevée sur les salaires pour cotiser l'AVS est restée quant à elle stable. En outre, en dépit du vieillissement de la population, cette assurance est presque toujours parvenue à enregistrer des excédents, hormis en 2009 en raison de la crise financière.

Pour les syndicats, cette réussite tient surtout à l'évolution des salaires qui ont plus que quadruplé en l'espace de 50 ans et au plafonnement des rentes. Il s'agit donc d'assurer un marché du travail fort pour garantir les recettes de l'AVS.

Pour l'USS, si les prestations légales restent inchangées et si les conditions d'emploi restent stables, le fonds de compensation peut maintenir un taux de couverture de 100% jusqu'en 2025 sans financement supplémentaire. En revanche, au-delà, les scénarios deviennent incertains. A l'échéance 2030, il faudrait 1,6% de cotisation supplémentaire pour que les dépenses et les recettes soient équilibrées.

En imaginant l'introduction d'un impôt sur les successions dont les recettes seraient affectées à l'AVS, une proposition du parti évangélique (PEV), ou une politique plus décidée en matière d'emploi, le financement de l'assurance vieillesse serait garanti à l'horizon 2060, selon M. Lampart.

En finir avec la peur

Jusqu'alors, la politique autour de l'AVS a été fondée sur la peur, en proposant par exemple un relèvement de l'âge de la retraite ou en supprimant l'indexation des rentes, a rappelé Paul Rechsteiner. «L'USS demande aujourd'hui un changement de cap de la part de l'Etat», a-t-il dit.

Première mesure exigée: l'USS veut que la Confédération rembourse la dette de l'AI envers l'AVS. Les déficits cumulés qui se montent à environ 15 milliards de francs ont été comblés jusqu'alors par le fonds de l'AVS, une situation d'autant plus anormale depuis la séparation juridique entre l'assurance vieillesse et l'AI.

Budgets crédibles

La Confédération doit enfin revenir à des prévisions financières réalistes et crédibles. Il faut cesser de décider des économies en se basant de données budgétaires erronées, a répété Paul Rechsteiner.

Selon l'USS, le budget de la Confédération a bouclé depuis 2004 sur plus de 22 milliards de francs de mieux que ce qui avait été budgétisé, des erreurs grossières à répétition dues à l'ancien ministre des finances Hans-Rudolf Merz.

La révision de l'AVS, du moins pour ce qui concerne ses éléments les plus sensibles comme l'âge de la retraite ou les rentes, sera reportée à la prochaine législature. Mais la droite n'en démord pas: à la fin de l'année dernière, les femmes libérales-radicales ont justifié une hausse de l'âge de la retraite des femmes en agitant le spectre d'un taux de couverture réduit à 70%. (ats)

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