Actualisé 27.10.2008 à 09:00

DopageLe finastéride ne sera plus une substance interdite dès 2009

Une poignée de sportifs, qui ont pris des médicaments dans l'espoir d'éviter la chute des cheveux, peuvent s'arracher ceux qu'il leur reste de la tête: non seulement ce produit, le finastéride, leur a valu une suspension pour dopage, mais l'an prochain, son utilisation sera permise.

Le finastéride, qui entre dans la composition de plusieurs traitements pour prévenir la calvitie, figure dans la liste des substances interdites par le Code mondial antidopage. Il faudra dire bientôt «figurait», car à partir du 1er janvier 2009, le finastéride sera retiré de cette liste noire.Le finastéride était mis à l'index depuis 2005 parce qu'il a la capacité de masquer la prise de stéroïdes, catégorie poids lourds dans l'arsenal des produits dopants, lors des contrôles antidopage.Avec les progrès de la recherche scientifique, les laboratoires sont aujourd'hui capables de déjouer cet effet masquant, ce qui a incité l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui révise chaque année sa liste, à réhabiliter ce médicament.«Pas eu de chance»En quatre ans, plus d'une dizaine de sportifs de divers horizons, du joueur de tennis argentin Mariano Hood au footballeur Romario, en passant par le gardien de hockey sur glace canadien José Théodore, ont été contrôlés positifs au finastéride.Si des traces de stéroïdes ont été détectées en même temps dans les urines des athlètes français Nordine Gezzar et Latifa Essarokh, ce qui laisse peu de doutes sur leurs intentions, d'autres se sont retrouvés plutôt par négligence avec l'étiquette de dopés sur la tête.«Je n'ai pas eu de chance», estime le bobeur monégasque Sébastien Gattuso, qui avait été contrôlé positif au finastéride en octobre 2005, soit dix mois après que le médicament fut interdit.Tous les certificats qu'il avait fournis pour tenter de prouver qu'il suivait ce traitement depuis quatre ans en toute bonne foi n'avaient pas suffi. Fautif, il l'était de n'avoir pas demandé «une autorisation d'usage thérapeutique», comme le spécifie le règlement. Suspendu six mois par le comité monégasque antidopage, Gattuso s'était vu ainsi barrer la route des jeux Olympiques de Turin en 2006.«Mes parents en ont souffert. Ma mère s'en voulait parce que c'est elle qui m'avait recommandé de prendre des médicaments», raconte Gattuso, 37 ans. Le fait que le finastéride soit ôté de la liste noire «prouve bien que c'était une grosse connerie», selon lui.Exclu des JeuxL'Américain Zach Lund, lui, avait carrément été exclu des Jeux de Turin, alors qu'il était déjà au Village olympique. Ce champion de skeleton, qui avait de grandes chances de médaille, avait écopé au départ d'un simple avertissement de l'Agence antidopage américaine (USADA) et été disqualifié de l'épreuve de Coupe du monde où il avait été contrôlé.Mais l'Agence mondiale antidopage était revenue à la charge en faisant appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). A contre-coeur, le TAS avait infligé à Lund une suspension d'un an, la moitié de la sanction automatique appliquée alors en cas de première infraction, et bien souligné que l'Américain n'était «pas un tricheur».A ces athlètes qui s'estiment victimes d'injustice, l'AMA fait valoir que, «comme dans tous les domaines de la société, chacun est tenu de respecter les règles en place au moment donné d'un événement particulier».Le finastéride n'est pas le premier produit à avoir été retiré de la liste. La caféine, objet de longues discussions sur ses véritables effets, avait été finalement retirée dès 2004.stp/aj

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