Affaire Hainard: Le flou sur la demande de récusation
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Affaire HainardLe flou sur la demande de récusation

L'avocat de Frédéric Hainard a annoncé avoir envoyé une demande de récusation de Patrick Erard. Mais le secrétaire de la CEP n'avait encore rien reçu en début de journée.

Patrick Erard, candidat à la succession de Frédéric Hainard le 31 octobre prochain.

Patrick Erard, candidat à la succession de Frédéric Hainard le 31 octobre prochain.

Le secrétaire de la Commission d'enquête parlementaire (CEP) sur l'affaire Hainard «ne sait rien» de la demande de récusation visant Patrick Erard, formulée par Frédéric Hainard. Walter Willener ne met pas en doute cependant l'existence de cette requête.

Contacté mercredi par l'ATS, le secrétaire de la CEP a précisé qu'il se trouvait à Berne. Il n'excluait pas de découvrir la demande de récusation dans son courrier à son retour en soirée. De son côté, l'étude d'avocats de Sven Engel à Neuchâtel, mandatrice de Frédéric Hainard, a confirmé l'envoi mardi de la requête.

Celle-ci a été adressée à Walter Willener, a indiqué l'étude. Selon elle, la demande de récusation concerne spécifiquement Patrick Erard, ex-président de la CEP et désormais candidat unique de la gauche à l'élection complémentaire prévue le 31 octobre pour remplacer Frédéric Hainard au gouvernement.

Examen différé

«Puisque l'étude d'avocats le confirme, je m'attends à recevoir cette requête», a indiqué Walter Willener. «Je me demande d'ailleurs si je vais ouvrir cette enveloppe, compte tenu de la suspension des travaux de la commission», a ajouté le secrétaire de la CEP.

Selon lui, l'examen du courrier pourrait être différé jusqu'à la reconstitution de la CEP. Celle-ci devrait reprendre ses travaux à partir du 28 septembre, lorsque le Grand Conseil aura nommé un nouveau président et un quatrième membre de la CEP, afin de remédier à la démission de Patrick Erard.

Scénario probable

Ce scénario a été proposé par la CEP au bureau du Grand Conseil. Selon Walter Willener, cela ne devrait pas poser de problème. La CEP n'est en revanche pas assurée que le Grand Conseil accepte de reporter du 31 octobre au 30 novembre le délai ultime de publication du rapport sur l'affaire Hainard.

Le bureau du Grand Conseil se réunit jeudi soir pour fixer l'ordre du jour de la session s'ouvrant le 28 septembre, a indiqué de son côté Olivier Haussener, président du parlement. Selon lui, la séance portera sur la nomination d'un nouveau membre de la CEP et le report du délai de publication du rapport final.

Jusqu'au boutisme

Interviewé mardi soir lors de l'émission «Forum» de la RSR, Frédéric Hainard a indiqué de son côté qu'il ne s'en tiendrait pas à un rejet possible par la CEP de sa demande de récusation. Un recours sera adressé le cas échéant au Tribunal administratif, a ajouté le conseiller d'Etat en disgrâce.

Ministre PLR sans portefeuille depuis l'annonce de sa démission, Frédéric Hainard quittera officiellement sa fonction le 31 octobre. Il reproche au Vert Patrick Erard d'avoir utilisé la CEP comme tremplin pour être élu à sa place au Conseil d'Etat.

Démenti

L'interessé pour sa part crie au «mensonge». Selon lui, le conseiller d'Etat excluait de démissionner lors de la nomination de la CEP. Frédéric Hainard est l'unique responsable de la situation dont il se dit victime, a déclaré l'ex-président de la CEP, qui a démissionné de sa fonction lors de sa désignation comme candidat. (ats)

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