Réunion FMI/BM: Le FMI appelé à «approfondir son travail»
Actualisé

Réunion FMI/BMLe FMI appelé à «approfondir son travail»

L'assemblée annuelle du FMI n'a pas accouché de mesures concrètes pour contrer les déséquilibres de l'économie mondiale, notamment ceux des taux de change.

Les Etats membres ont appelé le FMI à «approfondir son travail». Le siège suisse au conseil d'administration n'a pas été menacé, selon Hans-Rudolf Merz.

«Même si le système monétaire international s'est montré résistant, des tensions et des vulnérabilités demeurent du fait de l'élargissement des déséquilibres mondiaux, de la volatilité persistante des flux de capitaux, des fluctuations des taux de changes, et des questions relatives à l'offre et l'accumulation de réserves», a indiqué dans un communiqué le Comité monétaire et financier international, l'instance chargée de définir les grandes orientations du Fonds.

«Sachant que ces problèmes sont d'une importance critique pour le fonctionnement de l'économie mondiale, nous appelons le Fonds à approfondir son travail dans ces domaines, y compris par des études détaillées pour contribuer à accroître l'efficacité des politiques pour gérer les flux de capitaux», a affirmé le CMFI au nom des 187 Etats membres.

Assouplir le processus de rappel à l'ordre

Cette issue peu concrète à l'assemblée annuelle du FMI porte un coup aux espoirs d'apaisement des tensions des dernières semaines autour des interventions de plusieurs pays pour affaiblir le cours de leur devise, qui ont poussé certains dirigeants à évoquer une «guerre des monnaies».

Le premier actionnaire du Fonds, les Etats-Unis, avait appelé l'institution à revoir la procédure qui permet de rappeler à l'ordre un pays dont la monnaie est manifestement et délibérément sous- évaluée.

Trop verrouillée, cette procédure est actuellement quasi inutilisable à l'heure où de nombreux Etats membres accusent la deuxième économie mondiale, la Chine, de favoriser ses exportateurs avec un yuan maintenu à un niveau très faible.

«Bon outil»

Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a de son côté vu un progrès dans l'intégration, aux traditionnels rapports annuels sur l'économie des pays membres, d'éléments sur les conséquences de leur politique économique sur les autres pays.

«C'est le bon outil», a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse, annonçant qu'il s'impliquerait personnellement dans les rapports concernant les plus grandes économies de la planète.

«Je ne suis pas déçu. Il nous faut améliorer notre surveillance systémique et nous le ferons. Le fait qu'il y ait eu beaucoup de bruit autour signifie que nous devons accélérer», a-t-il ajouté.

M. Strauss-Kahn a estimé que le terrain est désormais prêt pour des progrès lors du prochain sommet du G20, en novembre à Séoul. La Suisse sera exclue des discussions, n'étant pas membre des vingt plus grandes économies mondiales.

Hans-Rudolf Merz craint que le G20 multiplie les décisions prises unilatéralement, si aucune solution n'est trouvée dans le cadre du FMI, dont il a rappelé à Washington l'importance pour la Suisse.

Siège de la Suisse pas menacé

En raison d'une redistribution des sièges du conseil d'administration du FMI, la Suisse se voyait concernée par des projets remettant en cause la surreprésentation des Européens. Toutefois, les discussions n'ont pas porté sur un modèle, qui exclurait la Suisse du Conseil d'administration, a indiqué le grand argentier.

Un peu plus tôt, le ministre des finances se montrait confiant: «je n'ai pas de souci concernant le siège suisse». La place de Berne au FMI est assurée par l'importance de la place économique et financière du pays, par le rôle du franc et par sa contribution financière au FMI, a souligné le ministre démissionnaire, dont c'était le dernier voyage officiel.

Au cours de cette assemblée, Hans-Rudolf Merz a rencontré son homologue américain Timothy Geithner. Les démêlés d'UBS avec la justice américaine et le différend qui opposait les deux pays à ce sujet n'ont pas été évoqués lors de cette rencontre, a indiqué Tanja Kocher, porte-parole du Département fédéral des finances (DFF). (ats)

Ton opinion