Actualisé 13.10.2012 à 20:01

Crise de la dette Le FMI tente de dissiper le flou sur l'austérité

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a reconnu samedi que l'austérité agitait beaucoup les esprits ces derniers jours.

Christine Lagarde est la directrice générale du FMI.

Christine Lagarde est la directrice générale du FMI.

Le FMI a tenté samedi de dissiper le flou qui a entouré les débats sur les politiques d'austérité en Europe tout au long de son assemblée annuelle. Il a notamment appelé à soutenir la croissance sans renoncer à réduire les déficits publics.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a reconnu samedi devant la presse que ce thème avait beaucoup agité les esprits des grands argentiers de la planète, réunis cette semaine à Tokyo. Mais, «en réalité, ce qui a été parfois présenté comme un désaccord» entre le FMI et certains pays, entre autres l'Allemagne, «est une question de perception», a-t-elle estimé.

«Nous reconnaissons tous que des ajustements budgétaires crédibles à moyen terme sont nécessaires dans toutes les économies avancées», a expliqué Mme Lagarde. Mais «le rythme et le type de mesures doivent être évidemment calibrés pays par pays», a-t-elle expliqué.

Et ce n'est pas l'Allemagne qui contredira le FMI sur ce point, a assuré samedi son ministre des Finances Wolfgang Schäuble. «On peut parler du rythme de la réduction de la dette, mais pas de son principe», a-t-il assuré lors d'une conférence de presse.

L'une des principales instances dirigeantes du Fonds s'est efforcée samedi de mettre tout le monde d'accord en rappelant la nécessité pour les pays riches de mettre en oeuvre une politique budgétaire bien «calibrée, aussi favorable que possible à la croissance» économique.

Armes anti-crise

Le Comité financier et monétaire du FMI, chargé de définir les grandes orientations politiques du Fonds, a aussi appelé les Européens à agir «sans délai» pour mettre en oeuvre de manière «effective» les armes anti-crise récemment adoptées, une demande exprimée par de nombreux pays hors d'Europe, dont les Etats-Unis.

Citant la naissance du Fonds de secours européen et le nouveau programme de rachat d'obligations de la BCE, le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a jugé que ce nouveau cadre institutionnel constituait une «stratégie prometteuse» pour faire face à la crise.

Un point de vue partagé samedi par son homologue français Pierre Moscovici qui a dit espérer, par exemple, des solutions pour la Grèce et l'Espagne «dans les semaines qui viennent».

Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, ne paraît pas aussi pressé, jugeant que plus le temps passe, plus cela valide la stratégie de l'Espagne, en dépit des appels du pied de nombreux pays, et du FMI, pour que Madrid se décide rapidement à demander l'aide de ses partenaires européens.

Les ministres des Finances et banquiers centraux des principales puissances mondiales ont adopté samedi une liste de mesures à prendre pour désamorcer les problèmes de dette en Europe et aux Etats-Unis. Ils réexamineront ces mesures dans six mois.

Le président de la Banque nationale suisse, Thomas Jordan, considère pour sa part que l'actuelle situation de l'économie mondiale est fragile. Selon lui, les gouvernements doivent agir fermement et mener à bien des réformes structurelles. Le temps presse, ajoute-t-il.

Réforme des quotas

Par ailleurs, le projet de réforme des quotas au FMI sera probablement ajourné, car le quorum nécessaire n'a pas été atteint jusqu'ici. La présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf estime peu vraisemblable qu'on y parvienne cette année encore.

Du point de vue de la Suisse, non seulement le Produit intérieur brut doit déterminer l'attribution de quotas et de droits de vote, mais aussi l'ouverture économique d'un Etat, a déclaré samedi la cheffe du Département fédéral des finances (DFF).

Le président français François Hollande et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy ont demandé mercredi dernier que «des décisions soient prises avant la fin de l'année».

Manifestation en marge

A quelques centaines de mètres du lieu de réunion des grands argentiers de la planète, quelque 200 manifestants ont défilé sans incident samedi aux cris de «Plus de FMI! Le pouvoir au peuple!» dans le quartier chic de Ginza.

(ats/afp)

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