Yverdon-les-bains (VD) – Le fonctionnaire accusé de profiter de ses administrées a été licencié
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Yverdon-les-bains (VD)Le fonctionnaire accusé de profiter de ses administrées a été licencié

Les problèmes d’attributions de dossiers au service du logement se soldent par un remerciement, suite à une enquête disciplinaire. L’enquête pénale, elle, avait été classée.

par
Pauline Rumpf
La Municipalité se sépare finalement du collaborateur au cœur de l’affaire depuis un an.

La Municipalité se sépare finalement du collaborateur au cœur de l’affaire depuis un an.

VQH

La Ville d’Yverdon se cherche un nouveau préposé au logement. Cette annonce fait suite à une affaire qui occupe la Municipalité depuis plus d’un an: en septembre 2020, on apprenait en effet que celle-ci avait déposé plainte contre le précédent titulaire, en lien avec des accusations de faits à caractères sexuels sur plusieurs femmes qui étaient venues demander son aide dans leur dossier. Une enquête pénale avait été ouverte, puis classée par le Ministère public.

Une enquête disciplinaire a toutefois été menée en parallèle, et c’est bien à la suite de celle-ci que le fonctionnaire a finalement été licencié, a indiqué la Ville dans un communiqué mercredi. Taisant la teneur de ses conclusions par respect de la sphère privée, elle assure toutefois que les procédures ont été respectées, notamment le droit d’être entendu. «Nous ne confirmons ni n’infirmons l’existence de griefs révélés par l’enquête», tranche Pierre Dessemontet, syndic d’Yverdon-les-Bains. Il précise que le licenciement intervient notamment «par impossibilité de réintégrer le collaborateur dans le service après une telle procédure», qui a causé d’insurmontables tensions internes.

Bannir le harcèlement

Le procédé d’attribution des logements subventionnés a toutefois été revu, en lien avec deux audits ordonnés par la Municipalité. En effet, ceux-ci relevaient une trop grande concentration de pouvoir en une seule personne, rendant possibles d’éventuels abus. Un gestionnaire de dossier doublera donc le futur préposé qui doit être engagé prochainement, et une commission composée du préposé, du chef de service ainsi que du municipal de tutelle Jean-Claude Ruchet pourra être activée en cas de dossier difficile. Des mesures destinées aux citoyens mécontents sont également en réflexion.

Un dispositif interne destiné à bannir les situations de harcèlement sera également mis en place dans les semaines à venir. Les cadres supérieurs seront formés en ce sens, et des séances d’informations ont été proposées aux collaborateurs concernant les procédures et les ressources en cas de harcèlement ou de mobbing, «notamment en la personne d’un médiateur externe, précise la vice-syndique Carmen Tanner. C’est vers lui qu’il faudra se tourner si le problème n’est pas entendu par la hiérarchie, ou que celle-ci en fait partie.»

«Cela prouve qu’il y avait bien un problème»

Investi tout au long de cette affaire, le président de l’UDC yverdonnoise Ruben Ramchurn se réjouit de cette décision. Pour lui, c’est la confirmation de l’existence d’un problème bien réel, et ce malgré que la Municipalité taise le résultat de l’enquête disciplinaire. «Si des griefs sont avérés, c’est la preuve que nous avons eu raison de nous battre pour qu’il y ait des audits et des enquêtes; si c’est l’inverse, alors nous avons un autre problème: pourquoi a-t-il été impossible de licencier ce collaborateur avant, si qu’on savait qu’il serait impossible de le réintégrer dans le service? Ce serait du gaspillage d’argent public.»

Concernant la réorganisation du service, Ruben Ramchurn salue une procédure «enfin un peu logique», sans être totalement rassuré. «Il y a eu une perte de confiance face à des autorités qui ont d’abord tenté d’enterrer l’affaire. Je crois que cette nouvelle situation peut restaurer cette confiance, mais cela reste à voir.»

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