Uruguay: Le foot uruguayen en crise à cause des violences
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UruguayLe foot uruguayen en crise à cause des violences

Les autorités du football uruguayen ont annoncé leur démission lundi, au moment où le football est en crise dans le pays après la décision du président José Mujica de retirer la police de stades de Montevideo après des violences entre supporteurs.

Le match de l'équipe du Nacional mercredi contre les Argentins de Newell's Old Boys, en Coupe Libertadores, avait été émaillé de plusieurs incidents.

Le match de l'équipe du Nacional mercredi contre les Argentins de Newell's Old Boys, en Coupe Libertadores, avait été émaillé de plusieurs incidents.

«Les faits qui ont eu lieu ces derniers temps démontrent la nécessité de se retirer pour permettre que d'autres points de vue politiques rendent possibles de gouverner le football», a déclaré le conseil exécutif de l'Association uruguayenne de football (AUF) dans un communiqué.

Pour le conseil, «le football a besoin de prendre des décisions et les conditions politiques et institutionnelles actuelles ne le permettent pas».

La décision des autorités de l'AUF intervient après que le président uruguayen José Mujica a décidé jeudi de retirer la police du stade du Centenaire et du Central Park, ce qui a entraîné la suspension dimanche du match Peñarol - Miramar Misiones et plongé le football dans une crise, moins de trois mois du début de la Coupe du Monde 2014 au Brésil.

A deux mois et demi du Mondial-2014 (12 juin-13 juillet), qui se déroulera au Brésil voisin, le président Mujica a ordonné jeudi dernier à la police de se retirer des principaux stades de Montevideo - le Centenario et celui du Parque Central, utilisés par les deux équipes les plus populaires du pays, Peñarol et Nacional. La police avait prévu de ne protéger dimanche que les vendeurs de billets et les arbitres.

Incidents

La décision de M. Mujica faisait suite aux incidents violents provoqués par des supporteurs de l'équipe du Nacional mercredi contre les Argentins de Newell's Old Boys, en Coupe Libertadores, nouvel épisode de violences récurrentes ces derniers mois de ce petite pays sud-américain.

A l'issue de cette rencontre, des supporteurs du Nacional avaient affronté la police, provoquant également des dommages dans le stade, alors que quelques supporters ont été blessés. Jeudi, la Confédération sud-américaine de football (Conmebol) avait ouvert un dossier contre le Nacional pour les «incidents gravissimes» de la veille.

Violences et racisme

Les incidents dans le football uruguayen, dont la sélection participera au Mondial, surviennent dans un contexte plus général de comportements violents et parfois racistes de la part de supporteurs dans toute l'Amérique latine.

Fabian Pumar, dirigeant de la Mutuelle des joueurs, a estimé dimanche sur la télévision locale Canal 4 que la décision du président Mujica «favorisait l'insécurité des principaux acteurs du spectacle, que sont les joueurs».

M. Pumar a ajouté que des discussions allaient être lancées immédiatement avec l'exécutif et les autorités footballistiques pour parvenir à une solution.

La rencontre Peñarol-Miramar pourrait finalement se disputer mardi, au stade Luis Franzini de Montevideo, a indiqué à l'AFP une source à Peñarol.

La suspension ne concernait que ce match, les autres rencontres prévues le même jour se déroulant dans des stades n'étant pas affectés par la décision présidentielle.

Annonce-surprise

L'annonce de Jose Mujica a pris par surprise les dirigeants locaux. «Il est absurde que la police aille dans certains stades et pas dans d'autres, il faudrait corriger cela car le message envoyé par le gouvernement n'est pas clair, alors qu'il a probablement de bonnes intentions», a estimé auprès de l'AFP Edgar Welker, vice-président de Peñarol.

La position de M. Mujica «a été prise comme quelque chose de sérieux (...) mais cette suspension et la mauvaise gestion de la situation finissent par alimenter la pagaille qui discrédite le football uruguayen», a-t-il ajouté.

Impossible de jouer sans police

Fabian Pumar, le dirigeant de la Mutuelle des joueurs, a souligné qu'il était impossible de jouer un match sans effectifs policiers disposés pour protéger les joueurs et les spectateurs à l'intérieur des stades.

«La mesure sera prolongée tant qu'aucune réponse efficace de tous les acteurs, qui d'une façon ou d'une autre ont tous leur responsabilité dans ce qu'il se passe, ne sera pas trouvée pour que le calme revienne dans les spectacles sportifs», avait averti jeudi le sous-secrétaire du ministère de l'Intérieur, Jorge Vázquez. (afp)

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