Laurent Blanc à la Pontaise: «Le football ne me manque pas plus que ça»
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Laurent Blanc à la Pontaise«Le football ne me manque pas plus que ça»

Après Zinédine Zidane un an auparavant, ça a été au tour de Laurent Blanc de coacher de jeunes espoirs vaudois. Et de lâcher quelques perles en conférence de presse.

par
Robin Carrel

L'ancien entraîneur du PSG et sélectionneur de l'équipe de France a été licencié par le club de la capitale française le 2 juin 2016, encaissant au passage un chèque de 22 millions d'euros. Du coup, Laurent Blanc a un luxe rare dans son métier, il peut prendre le temps de choisir soigneusement son prochain challenge. Son passage à la Pontaise, à l'invitation de l'Association Passion Foot pour coacher un après-midi les moins de 14 ans de l'Association Cantonale Vaudoise de Football, a été l'occasion de faire le point avec le «Président».

Il faut dire que son arrivée dans la capitale olympique tombait diablement bien, puisque dans la semaine, une rumeur l'envoyait au poste de sélectionneur des États-Unis, une équipe qui s'est lamentablement vautrée dans les qualifications à la Coupe du monde en Russie et qui va manquer un Mondial pour la première fois depuis 1986. Alors, M. Blanc? Vous traversez l'Atlantique? «Il faudrait en discuter plus longuement... Parce moi, je n'en sais pas plus! Cela me fait bientôt une année et demi sabbatique et ça fait du bien. Parce que passer trois ans au PSG, ça use un peu et j'ai pu profiter de certaines choses autres que le football.»

«Pas que le foot comme intérêts»

Car celui qui était suspendu lors de la finale des «Bleus» lors de la conquête du titre mondial par la France en 1998 face au Brésil est un homme très occupé. «Je n'ai pas que le foot comme intérêt dans la vie et j'ai des affaires à mener à bien. Des rumeurs, il y en a eues et il y en aura d'autres», affirme-t-il. Que faudrait-il alors pour le sortir de ses dossiers et l'éloigner des greens de golf qu'il aime tant fréquenter? «Je serais intéressé par un beau projet. Si il y en a un tant mieux. Je suis apte à le faire dorénavant. Ce que je n'étais pas il y a encore cinq ou six mois... Et si je dois faire autre chose de ma vie, et bien je le ferai sans problème!»

Autant dire qu'un éventuel employeur devra lui présenter un projet enthousiasmant pour le convaincre de rempiler. Laurent Blanc est un gagneur, comme en atteste son CV qui compte notamment un titre de champion du monde, un de champion d'Europe, un de champion de France avec Auxerre, un en Angleterre avec Manchester United, deux finales de Coupe de l'UEFA perdues avec l'OM et l'Inter de Milan, ainsi que deux Coupes de France (Auxerre et Montpellier) en tant que joueur, auxquels il faut ajouter quatre titres nationaux comme coach entre Bordeaux et le PSG, deux Coupes de France avec le club parisien, quatre Coupe de la Ligue entre les bancs du Parc des Princes et celui de Chaban-Delmas et la bagatelle de cinq Trophées des Champions...

«Gagner»

«Ma seule prétention, mon exigence, c'est d'avoir la possibilité de gagner, a-t-il seriné. Dans le sport, c'est vital. C'est compliqué, c'est difficile de trouver un tel poste et il y en a, des entraîneurs sur le marché.» Reste que le besoin de tâter du ballon, de titiller le cuir le chatouille toujours et c'est un homme heureux qui a pris sifflet, chronomètre et t-shirt du Lausanne-Sport pour diriger les M14 vaudois. Un rôle qu'il déléguait pourtant volontiers en club comme en sélection à son adjoint de toujours Jean-Louis Gasset...

«Je ne sais pas ce que je vais leur apporter. Peut-être que ce sont eux, qui vont m'apporter plus, s'est-il marré. Ça me plaît de le faire avec des jeunes, même si le football ne me manque pas plus que ça. Arrivé à un certain âge, il faudra peut-être passer à autre chose. Par contre, partager ma passion avec des jeunes comme aujourd'hui, ça me plaît beaucoup.» Et ça leur a plu à eux aussi.

Noël Le Graët, un «faux-cul»

Puisque le «Président» était dans le coin, il a bien fallu aborder le sujet de l'équipe de France. Et l'ancien libéro d'Alex Ferguson chez les «Red Devils» de Manchester ne se voile pas la face, quant aux moments difficiles passés à la tête des «Bleus», qu'il avait repris dans la foulée de l'affaire du «Bus de Knysna» et quitté après l'élimination en quart de finale de l'Euro 2012 (0-2 contre l'Espagne): «J'avais prévu d'y rester un peu plus longtemps. Mais quand je me suis engagé, je ne pensais pas qu'il se passerait ça en Afrique du Sud. Ils sont nombreux à ne pas avoir cet espoir-là (rires). J'aurais pu m'engager à la place avec un club étranger, mais je l'assume: c'était un rêve. J'avais déjà eu cette opportunité une première fois et, la deuxième, j'ai fait en sorte que ça aboutisse. L'épisode de Knysna a été difficile à surmonter et on a rectifié certaines choses (ndlr: 23 matches sans défaite). Et puis il y a eu une incompatibilité avec Noël Le Graët, le président de la Fédération... J'étais en fin de contrat, j'aurais pu aller au Brésil, mais c'est Didier Deschamps qui l'a fait. J'ai rebondi ensuite à Paris. C'est la vie...» Le mot de la fin reviendra à son ancien agent Alain Migliaccio, présent à ses côtés, qui souhaitait vivement évoquer le sujet: «Le Graët a été incorrect avec lui. Il n'a pas été franc. Laurent ne peut pas vous le dire, mais moi je le fais. Il m'a dit: je ne traite pas avec des faux-culs.» Dont acte.

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