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TennisLe Français qui se prend pour Federer

Parmi les onze «prisonniers» de la bulle de l’US Open, Grégoire Barrère détonne: il prend les choses du bon côté. «J’ai l’impression d’être Roger».

par
Mathieu Aeschmann
Grégoire Barrere semble ne pas souffrir de son traitement spécial à l’US Open. Il défie Andrey Rublev jeudi soir au 2e tour. EPA/JASON SZENES

Grégoire Barrere semble ne pas souffrir de son traitement spécial à l’US Open. Il défie Andrey Rublev jeudi soir au 2e tour. EPA/JASON SZENES

Keystone

Depuis que le Benoît Paire a séparé le peuple de Flushing en deux catégories de «citoyens-joueurs», le clan des prisonniers ne cesse d’exprimer son mal-être. Même qualifié pour le troisième tour, Adrian Mannarino s’est ainsi déclaré «épuisé mentalement» tandis que Kiki Mladenovic dénonçait, jeudi après sa défaite, «un traitement abominable» avant de se réjouir «de retrouver sa liberté». Une attitude qui jure avec le positivisme de Grégoire Barrère, 26 ans et 93e mondial, lequel affronte Andrey Rublev (ATP 14) jeudi soir (19 h).

Grégoire Barrère a posté une story, visiblement ravi de bénéficier d’un espace soin privatif.

Grégoire Barrère a posté une story, visiblement ravi de bénéficier d’un espace soin privatif.

Instagram @gregoirebarrere

«Je suis passé du statut d’inconnu en Grand Chelem à «j’ai l’impression d’être Roger», s’est-il amusé auprès de nos confrères de L’Équipe. J’ai ma voiture particulière, j’ai des gardes du corps pour aller m’entraîner. Il y avait même un garde du corps pas loin de mon coach pendant mon match. Ils nous ont aussi mis dans une pièce à part, quasi comme les suites dont bénéficient les têtes de série. À part le fait que je ne puisse pas sortir, j’ai l’impression d’être dans la peau d’un top 5.» La preuve qu’avec une bonne dose de pensées positives, il est possible de transformer un fardeau en privilège.

Je préfère en rigoler. J’ai pensé que je n’allais pas pouvoir jouer. Ils ont fait leur possible pour qu’on puisse disputer le tournoi, je ne peux que les remercier.»

Grégoire Barrère, 93e joueur mondial et membre du groupe des 10 semi-confinés à l’US Open

«Je préfère en rigoler, je ne vais pas pleurer, confirme l’élève de Marc Gicquel. Je suis juste content de pouvoir jouer. J’ai pensé que ça n’allait pas être possible. Dimanche soir à 20 heures, lorsqu’on a reçu l’autorisation de s’entraîner, on s’est tous retrouvés au stade, on se regardait, on riait un peu jaune, mais on était très contents de pouvoir taper la balle. On a tapé 40 minutes dans l’axe, on était rincés. On n’avait pas dormi la veille donc on était morts mais ça nous a fait du bien de prendre l’air. Je suis content de pouvoir jouer. Ils ont fait leur possible pour qu’on puisse disputer le tournoi, je ne peux que les remercier pour ça.»

Grégoire Barrère aura-t-il la force, contre Rublev, de démontrer qu’une approche positive peut renverser des montagnes? Sans doute faudra-t-il qu’il continue à se prendre pour Federer; cette fois dans ses frappes et ses intentions de jeu. Surtout si le Russe évolue à son niveau de janvier (11-1, deux titres à Doha et Adélaïde). Notons enfin qu’un autre «prisonnier» affiche un détachement exemplaire face à la situation: Richard Gasquet. Auteur d’une prestation limpide contre Karlovic (seulement 5 fautes directes), «Richie» testera, lui, sa nouvelle zénitude contre Alex De Minaur pour ce qui est l’un des deuxièmes tours les plus sexy du jour (avec Murray vs Auger-Aliassime).

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16 commentaires
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Calimero

03.09.2020 à 17:03

Tous ces râleurs! Personne ne les a obligés à participer....l’appât du gain peut-être. Alors qu’ils assument au lieu de pleurnicher.

Us closed

03.09.2020 à 15:56

Le championnat de ping-pong

Lola

03.09.2020 à 15:53

Aucun sens de l'humour!