Suisse romande: Le froid met les chantiers en vacances forcées
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Suisse romandeLe froid met les chantiers en vacances forcées

Les températures glaciales transforment les travaux à l'extérieur en enfer. De nombreux chantiers ont dû déclarer forfait à cause du froid.

par
Philippe Favre

Brrr. Moins cinq au thermomètre, une sensation de moins dix avec cette bise à vous glacer le sang. Mardi, le secteur du bâtiment a tourné au ralenti. Des hauts de Lausanne aux rives neuchâteloises, brouettes, pioches et truelles n'ont pas mis le nez dehors.

«D'après mon constat, 80% des chantiers de la région d'Yverdon-les-Bains étaient stoppés», observe Pietro Carobbio. Le responsable Construction chez Unia-Vaud a rendu visite à une dizaine d'entreprises. Pour trois d'entre elles, il a recommandé de cesser le travail à l'extérieur: «Les travailleurs ont été renvoyés à la maison ou ont accompli des tâches à l'intérieur. Dehors, les conditions de travail étaient carrément inhumaines.» Inhumaines et dangereuses: les rafales de vent à plus de 70 km/h font tanguer les grues. «Et sans grue, pas de chantier», résume Pietro Carobbio.

«Les employeurs peuvent prendre eux-mêmes la décision d'interrompre les travaux», rappelle Alix Briod, secrétaire à la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE). Non seulement pour le bien-être des employés, mais aussi pour la qualité des travaux. Car le béton, le crépi ou les chapes supportent mal le gel. Vouloir poursuivre le travail à tout prix est un mauvais calcul, selon le FVE: «Si l'entreprise se retrouve avec des malfaçons, elle devra refaire les travaux à ses frais. Le jeu n'en vaut pas la chandelle», assure Alix Biod.

Indemnités de chômage

Les patrons paralysés par le froid peuvent réclamer des indemnités-intempéries pour payer leurs salariés en vacances forcées. Mais un délai de carence de deux jours par mois - à la charge de l'employeur - les fait le plus souvent tousser. «Avant de faire appel à ces indemnités, il faut que les intempéries durent plusieurs jours», déplore Aldo Ferrari, secrétaire syndicat d'Unia-Vaud. A ses yeux, ce délai de carence devrait être supprimé. Le calendrier joue aussi un rôle: si le gel s'abat en début de mois, les entreprises se feront moins prier pour payer de leur poche les deux jours de carence et laisser leurs employés bien au chaud à la maison.

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